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200 patients de plus chaque mois traités à l'urgence du CHUS-Hôtel-Dieu

Sans tambours, ni trompettes, l'urgence du CHUS-Hôtel-Dieu de Sherbrooke traite désormais 200 patients de plus chaque mois. La recette pour y arriver : un banal changement dans les horaires combiné à l'ajout de deux nouveaux médecins.

Un texte de Carl Marchand

La solution peut paraître simple, mais elle a néanmoins fait l'objet de plusieurs échanges avant d'être mise en branle il y a deux ans. « C'est un long processus, on a fait beaucoup de réunions, répond sans hésiter Dr François-Xavier Caillé, chef des médecins d'urgence du CHUS. On a fait beaucoup de discussions, mais je pense qu'une fois que les gens voient que ça fonctionne bien, ça justifie tous les efforts qu'on a faits. »

Au cours des trois dernières années, le nombre de médecins est passé de six à huit à l'urgence de l'établissement du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS). De nouveaux effectifs ont été ajoutés pour se mettre à niveau avec celles de taille comparable.

Toutefois, c'est il y a deux ans qu'un plan pour adapter les horaires a été mis en place. Un changement en apparence banal, mais essentiel au succès de l'opération.

L'un des deux médecins, sur un quart de jour, effectue le suivi des patients qui ont dû subir des examens approfondis ou rencontrer des médecins spécialistes. Il veille également à donner congé aux patients remis sur pied après une période d'hospitalisation.

« Ça déleste les médecins de jour pour leur permettre de s'occuper des entrées à l'urgence. Ils se concentrent sur les nouveaux patients », précise Dr François-Xavier Caillé.

L'autre urgentologue, affecté au quart de 15 h à 23 h, voit au suivi de la salle d'attente en soirée, un horaire adapté aux pointes d'arrivée des patients. « Notre défi, c'est de voir les gens dans la période où ils arrivent, ce qui fait qu'on n'a pas besoin d'avoir tant de médecins que ça la nuit », ajoute-t-il.

Principalement, les gens arrivent de jour et de soir. C'est de continuer de maximiser notre présence médicale dans les heures où on a accès à toutes les investigations, les laboratoires, l'imagerie médicale en même temps que les patients sont là et non pas huit heures après.

Dr François-Xavier Caillé, chef des médecins d'urgence du CHUS.

La recette est payante : en plus des 200 patients de plus traités chaque mois, la durée moyenne qu'ils passent à l'urgence a baissé à 14 heures environ. Durée qui avoisinait 16 heures il y a deux ans.

On dénote également que moins de patients quittent l'urgence avant d'avoir vu un médecin. De 13 % en 2013-2014, le pourcentage est maintenant de 10 %.

Un exemple, croit un spécialiste

L'équipe de l'urgence du CHUS-Hôtel-Dieu n'a pas mis en place une solution révolutionnaire estime Douglas Angus, professeur titulaire à l'Université d'Ottawa, spécialisé dans l'économie de la santé et de la politique en matière de santé. Mais arriver à traiter 200 patients de plus chaque mois est un fait d'armes qui mérite d'être souligné, croit-il.

« Il y a beaucoup d'hôpitaux où on pourrait faire exactement le même genre de chose », soutient M. Angus.

« Ce n'est pas toujours de grandes solutions, mais quand on ajoute toutes les petites solutions, on peut faire des grands changements dans le système. On a ajouté beaucoup plus d'argent dans le système de santé, mais on n'a pas fait les réformes nécessaires », ajoute-t-il.

Chose certaine, Dr François-Xavier Caillé n'entend pas arrêter de si bon chemin. « Le but est de continuer d'évoluer et s'améliorer avec cette même équipe-là, conclut Dr François-Xavier Caillé. Il y a un service à donner à la population. Nos chiffres ne sont pas encore excellents. Ils sont meilleurs qu'avant, mais il faut continuer à trouver des solutions. »

Le même genre d'opération n'est pas possiblle pour l'instant au CHUS-hôpital Fleurimont, faute d'espace. La construction d'une nouvelle salle d'urgence devrait cependant remédier à la situation.

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