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32 millions $ pour des heures supplémentaires au CIUSSS MCQ

Le recours aux heures supplémentaires dans les établissements de santé de la Mauricie et du Centre-du-Québec a encore bondi au cours de la dernière année. Selon les données obtenues par Radio-Canada, les coûts qui y sont reliés atteignent 32,3 millions de dollars soit presque 10 millions de plus qu'en 2016-2017.

Un texte d'Amélie Desmarais

Plus de 653 000 heures supplémentaires ont été travaillées en 2017-2018 ce qui correspond à une hausse d'environ 6 %. Le recours aux heures supplémentaires a quant à lui presque triplé en deux ans au Centre intégré université de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ), passant de 10 700 heures à 28 000 heures en 2017-2018.

« Le temps supplémentaire obligatoire, je l'ai dit je le répète, c'est la dernière chose qu'on doit, qu'on devrait demander aux gens, c'est inhumain et quand on le fait c'est qu'on a pas le choix », explique le directeur des ressources humaines, Louis Brunelle.

Selon lui, le bassin de main-d'œuvre disponible est insuffisant pour combler les besoins en raison du développement de nouveaux services et de la période hivernale qui a mis le personnel à rude épreuve. « Ça été une période très, très, très achalandée, une des plus achalandées sinon la plus achalandée au cours des dix dernières années en terme d'influenza », rappelle-t-il.

Les infirmières à bout de souffle

La situation est intenable particulièrement dans les secteurs spécialisés comme l'urgence, les soins intensifs, le bloc opératoire ou l'hémodialyse, selon la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), qui représente les infirmières de la région.

« Elles ne sont plus capables d'en prendre [...] des fois elles ont fait trois (quarts de travail) supplémentaires dans la semaine, la quatrième fois quand ils t'obligent, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase », déplore la présidente régionale de la FIQ, Nathalie Perron, d'autant plus que celles qui sont dans l'impossibilité de rester en poste écoperaient d'avis disciplinaires.

Selon le syndicat, les compressions, le déficit d'embauches des dernières années, l'alourdissement de leur tâche et l'obligation d'être disponible dans plusieurs établissements, à toute heure du jour et de la nuit, ont contribué au manque de main-d'œuvre.

« Il y en a qui sont carrément parties de la profession, il y en a qui sont parties travailler dans d'autres CIUSSS et ça, c'est complètement déplorable parce que ce qu'il faut c'est justement stabiliser les gens, les rendre fidèles à un endroit pour qu'ils soient fonctionnels. »

Stabiliser les équipes

Pour corriger le tir, la direction du CIUSSSMCQ a convenu avec les syndicats de stabiliser les équipes, de pourvoir aux postes vacants et d'augmenter le nombre de postes à temps complet pour qu'il atteigne 60 % de l'ensemble des postes. Pas moins de 1000 postes ont été affichés en mai selon le directeur des ressources humaines Louis Brunelle.

« Avec les mesures qu'on a prises, je pense au cours des derniers mois notamment en matière d'afficher des postes, le temps complet, la stabilisation, on est convaincu encore là que ça va diminuer. »

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