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Absence de comédiens sherbrookois dans Muralis : Destination Sherbrooke se défend

Lancée en grande pompe jeudi, la nouvelle application Muralis fait des mécontents dans le milieu artistique sherbrookois.

Cette application permet de voir les personnages des murales du centre-ville s'animer sur les téléphones intelligents et les tablettes. Toutefois, selon des internautes, aucun comédien sherbrookois n'a été embauché pour ce projet ce qu'ils déplorent.

Sur Facebook, Marianne Roy, qui est elle-même comédienne, s'interroge sur cette absence de talents locaux dans cette production. « Loin de moi l’envie de basher sur les artistes et la firme montréalaise qui a répondu à ta commande, ils ont sans doute fait un travail exemplaire. Je me demande seulement où sont les artistes de chez nous dans ce supposé produit identitaire? Sur plus de 50 artisans, concepteurs, réalisateurs, auteurs, comédiens, je ne vois aucun artiste de la région. C’est-tu normal? C’est tu parce que tu penses que le talent vit juste dans Grand’ Ville?

« Le mandat a été confié à l'entreprise Space & Dream, une firme montréalaise qui a travaillé sur de nombreux projets de cette nature. Elle avait le mandat de la réalisation de A à Z. Ce sont eux qui ont fait appel aux comédiens de leur choix », explique, d'entrée de jeu, le directeur général de Destination Sherbrooke, Denis Bernier.

Au total, qu'entre 30 et 50 comédiens ont participé aux vidéos de Muralis. « Quand on confie un mandat comme ça, chacune des firmes peut agir librement pour choisir ses propres comédiens, ses propres intervenants. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de gens de Sherbrooke qui ont participé comme comédiens que cette application est moins bonne pour autant. Ce qu'il faut retenir, c'est le produit fini », rappelle-t-il.

Laisse libre cours à la créativité

Selon Denis Bernier, il était impossible pour Destination Sherbrooke d'obliger Space & Dream à engager des comédiens sherbrookois. « On laisse libre cours à cette créativité-là. Comment pouvons-nous intervenir dans un processus créatif? Comment pouvons-nous imposer des gens qui vont travailler dans un tel processus? Agir de cette façon-là vient brimer ce processus créatif et ce n'est pas du tout l'orientation que nous voulons prendre. Si on veut se démarquer avec un produit, le processus créatif doit être laissé à la disponibilité de ceux qui vont mettre ce genre de produit au monde. C'est ce qu'on a fait. »

Quand on fait remarquer à M. Bernier qu'au-delà de l'absence de comédiens sherbrookois dans le projet, on ne retrouve aucune entreprise (caméra, studio, technique, etc.) de la région, ce dernier se défend en rappelant que « la base de Muralis, c'est M.U.R.I.R.S. et Serge Malenfant. Ce sont eux qui sont à l'origine de ces murales il y a une quinzaine d'années et sans ces murales, Space & Dream n'est pas là. Le fondement même est purement sherbrookois, purement estrien. C'est faux de dire qu'il n'y a pas de Sherbrookois qui ont participé à cette réalisation. »

Destination Sherbrooke précise qu'il y a bel et bien des comédiens de la région et qu'un photographe de Sherbrooke a travaillé sur la modélisation des murales.

Au total, 500 000 $ ont été injectés dans ce projet.

Une chanson bien sherbrookoise

Bien qu'il n'y ait pas de comédiens sherbrookois qui donnent vie aux personnages des onze murales, on retrouve tout de même un auteur-compositeur-interprète d'ici qui prête sa voix et ses mots à la murale de la rue Frontenac. Alexandre Poulin a composé Le bout du monde que l'on peut entendre lorsqu'on s'arrête devant cette oeuvre dédiée à CHLT-TV.

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