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Accès à un médecin spécialiste : diminuer l'attente par la consultation numérique ?

Dans les locaux d'Omnimed, quelques dizaines de programmeurs ont les yeux rivés sur leur écran d'ordinateur. Dans cet espace ouvert, le numérique est au service de l'innovation en santé. Leur nouvel objectif : la mise en place de consultations numériques entre les omnipraticiens et les médecins spécialistes afin de réduire les listes d'attente et prioriser les cas les plus urgents.

Depuis quelques années, Omnimed s'efforce d'informatiser les dossiers des patients pour rendre les données médicales plus accessibles.

D'ailleurs, dans le bureau de la Dre Stéphanie Blais-Boilard, le papier n'existe plus ou presque. Tout est informatisé. L'omnipraticienne accède aux données de ses patients de manière virtuelle.

D'un clic, elle accède, par exemple, à ses antécédents médicaux, à sa médication et aux notes de ses dernières consultations.

L'an dernier, deux millions de dossiers ont été consultés par les omnipraticiens utilisant cette plateforme privée.

« C'est notre père qui, avant même l'invention d'Internet, a parlé d'avoir un dossier où tous les spécialistes agiraient dans le même dossier », se rappelle-t-elle.

Toutefois, comme bien des médecins de famille, il lui arrive parfois d'être confronté à un questionnement médical plus pointu, auquel un médecin spécialiste pourrait fournir une réponse rapide.

L'entreprise Omnimed a donc développé un système de consultation numérique à laquelle participe une trentaine de médecins spécialistes, dont une vingtaine à Sherbrooke. Dans ce projet-pilote, ces derniers reçoivent une alerte par courriel pour leur indiquer qu'une demande de consultation a été faite par un médecin de famille.

Objectif : réduire l'attente... et le stress

Au Québec, il faut parfois des mois, voire des années pour une première consultation avec un médecin spécialiste. Une attente souvent stressante pour de nombreux patients et parfois inutile.

« Parfois, un patient est nerveux, mais moi, quand je regarde son dossier, je sais clairement que c'est bénin, explique le pneumologue du CIUSSS de l'Estrie, Yannick Poulin. Dans d'autres cas, à deux ou trois reprises dans le dernier mois, j'ai dit au médecin qu'on voulait voir un patient de manière urgente. »

Cet avis externe permet aussi à l'omnipraticien de mieux distinguer les cas urgents, qui nécessitent une consultation avec un médecin spécialiste, des dossiers moins prioritaires.

« Neuf patients sur dix, à distance, le spécialiste a pu, en une semaine plutôt que trois ans, rassurer le patient et lui dire que tout est beau », indique la Dre Blais-Boilard.

« C'est sûr que ça va réduire les listes et le temps d'attente, ajoute le Dr Yannick Poulin. Les demandes de consultations vont être beaucoup plus ciblées et un travail sera fait avant de les voir en consultations. »

Les omnipraticiens doivent payer un abonnement privé pour avoir accès à la plateforme Omnimed.

Pour le moment, comme il s'agit d'un projet-pilote, les médecins spécialistes ne sont pas rémunérés pour les consultations électroniques. La rémunération n'est pas encore déterminée, mais pourrait s'établir à une cinquantaine de dollars.

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