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Activités d'initiation : dénoncer la culture du viol plutôt que limiter l'alcool, plaide la FEUS

La Fédération étudiante de l'Université de Sherbrooke (FEUS) s'oppose à un resserrement des règles lors des initiations et prévoit plutôt demander, lors d'une sortie publique mercredi, de favoriser les activités de sensibilisation contre la violence sexuelle.

Des étudiantes en droit de l'Université de Montréal ont dénoncé dans leur journal étudiant Le Pigeon dissident les activités dégradantes et à connotation sexuelle qu'elles avaient eu à subir lors de leur initiation.

En entrevue à La Presse, la ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a mentionné que les établissements devraient serrer la vis dans le cadre des initiations. Elle a également souligné que l'interdiction d'alcool lors des activités d'intégration à l'École de technologie supérieure était une excellente initiative.

La FEUS craint maintenant que des mesures coercitives soient mis en place et limitent les activités comprenant de l'alcool.

Bien qu'elle salue l'implication de la ministre dans ce dossier, Gabrielle Pilon-Boucher, membre du Comité féministe de l'Association générale des étudiants en droit de l'Université de Sherbrooke, soutient qu'elle ne vise pas le bon problème. « D'interdire l'alcool ou d'interdire les initiations, ce n'est pas la solution au problème. C'est une solution facile qui ne va pas au cœur du problème de la culture du viol. »

Même son de cloche du côté de Mélanie Lemay, militante féministe et responsable du développement durable et des affaires sociales et communautaires de la FEUS,  qui estime qu'il faut aller beaucoup plus loin pour régler la problématique.

Déplacer le problème

En complément de la sortie publique de la FEUS, Rodrigue Turgeon, étudiant en droit, publie également un article dans L'Obiter, le journal étudiant de la Faculté de droit.
Il craint que si la ministre décide de limiter les activités étudiantes avec alcool lors des activités d'initiation, la problématique sera plus importante.

« On sait que cela va se dérouler de toute façon, ailleurs, dans des milieux moins sécuritaires. »

Rodrigue Turgeon ne nie pas que des débordements ont eu lieu par le passé.

« On n'est pas en train de dire que ça ne se passe pas dans nos campus. On reconnaît que des agressions sexuelles peuvent se produire lors d'activités impliquant de l'alcool, mais il y en a aussi dans des activités n'impliquant pas d'alcool. »

Il croit qu'il ne faut pas occulter une réalité plus vaste, et mettre l'accent sur la prévention et la sensibilisation.

Un ligand social

Selon Anne Marchand, membre du Comité féministe, les activités d'intégration ont un rôle important à jouer en début d'année pour favoriser la cohésion entre les étudiants d'une même faculté.

« Le but des intégrations, c'est vraiment d'intégrer le plus de monde, de créer une bonne base sociale. On veut que ça se fasse dans un contexte égalitaire [...]. Le but des intégrations, c'est de briser l'isolement. »

« On se prive d'une super belle opportunité d'éducation, soutient Mélanie Lemay. Dans le sens où ce sont des étudiants qui arrivent, première année à l'université. Bishop's a obligé toutes ses premières années à recevoir une formation [sur les agressions sexuelles]. Moi, je pense que c'est une opportunité extraordinaire en début d'année pour donner de l'éducation sexuelle. »

Des efforts qui ont fonctionné 

Gabrielle Pilon-Boucher rappelle que le Comité féministe a travaillé d'arrache-pied pour éviter que les choses dérapent lors de l'intégration et pour limiter la violence sexuelle sur le campus. Les efforts, selon elle, ont d'ailleurs donné de bons résultats.

« Pour les intégrations cette année, le comité organisateur a été vraiment sensibilisé à ce sujet-là. On a collaboré avec eux pour s'assurer que le déroulement de toutes les activités proposées ne soit pas à caractère sexuel. Tous les initiateurs, les membres du comité organiseur, les bénévoles, ils ont tous reçu une formation sur les agressions sexuelles données par le Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de l'Estrie. »

Des membres du Comité féministe ont également patrouillé dans le campus pour limiter les débordements, raccompagné certaines personnes éméchées et fourni de l'eau pour les gens désirant limiter leur consommation d'alcool.

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