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Adrianna Mendrek : quelques précieux instants de contemplation

« Ce n'est pas vraiment ésotérique, c'est très simple. On reste concentré, on entraîne notre attention, notre compassion. On devient plus calme et moins stressé. »

Un portrait de Carl Marchand

Adrianna Mendrek n'enseigne à l'Université Bishop's que depuis quatre ans. Mais depuis son arrivée, il y a peut-être un peu plus de zénitude sur le campus.

« En blague, j'ai proposé au chef du département de donner un cours qui s'appelait Zen in the brain. Il m'a dit que c'était une très bonne idée! » se rappelle la professeure originaire de Pologne.

Le cours qu'elle donne depuis deux ans maintenant étudie les différentes formes de méditations et de pratiques contemplatives, ainsi que leur impact sur le cerveau. Mme Mendrek réussit même à faire méditer ses étudiants un peu.

« J'ai réalisé que c'était mon rêve de faire ça. » 

La méditation comme traitement

Adepte convaincue du yoga et de la méditation depuis plusieurs années, Adrianna Mendrek enseigne également ces deux disciplines hors des salles de cours. À Bishop's, elle a donc pu faire rejoindre ses deux passions.

Experte en neuroscience, ses recherches ont démontré l'influence du sexe et du genre sur les maladies mentales et l'abus de substances. Elle veut maintenant savoir si la méditation et la relaxation peuvent être davantage utilisées comme traitement chez les personnes atteintes de schizophrénie, par exemple. Un champ d'études encore à défricher, selon elle.

« Plusieurs médicaments sont parfois nécessaires, mais en même temps, je crois qu'on les surutilise. Ça m'intéresse d'avoir plusieurs possibilités », indique-t-elle en français, sa quatrième langue.

Il y a encore beaucoup de connaissances à développer, car toute méditation n'est pas appropriée pour tout le monde, admet-elle.

« Il y a des gens pour qui c'est très difficile et qui deviennent plus frustrés. Qu'est-ce qu'on fait dans ces cas? Il ne faut pas forcer les choses. »

Or, relaxer, méditer, ça ne passe pas uniquement par une retraite silencieuse de dix jours, tempère Adrianna Mendrek. De la méditation contemplative, jusqu'à celle axée sur la compassion, les techniques ne manquent pas. L'important, dit-elle, c'est de trouver sa recette et de s'accorder quelques précieux instants de contemplation.

« Ça peut être de prendre deux minutes pendant la journée pour s'asseoir et fermer le téléphone cellulaire, le temps de prendre quelques respirations. Ça peut-être cinq minutes ici et là, juste pour respirer, sortir à l'extérieur. Quelques moments pour rester à ne rien faire et ressentir », conseille-t-elle.

La méditation entraîne une réduction du stress, un renforcement du système immunitaire et une réorganisation du réseau cérébral, soutient Mme Mendrek. S'il ne faut rien forcer, elle croit que l'usage devrait s'implanter dans les écoles secondaires. Pour aider les jeunes à se calmer et se concentrer, mais aussi pour apprendre à se soucier des autres.

Adrianna Mendrek ne devrait pas manquer de travail, à enseigner la zénitude. Comme la méditation contemplative n'est pas pour tout le monde, d'autres idées s'activent déjà dans sa tête.

« J'ai toujours aimé la danse. J'adore les mouvements, c'est peut-être pour ça que j'ai adopté le yoga. J'aimerais développer développer mon expertise dans la thérapie par les mouvements et la danse et peut-être introduire des cours sur le sujet à Bishop's. »

Que les étudiants en psychologie se le tiennent pour dit, on dansera peut-être bientôt dans les salles de cours du petit campus anglophone.

« Peut-être, ce serait génial! »

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