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Affaire disciplinaire Jonathan-Yan Perreault : deux centres de dépendance de l'Estrie ont reçu des chèques du pharmacien

Un pharmacien associé dans 6 pharmacies de l'Estrie et du Centre-du-Québec est dans l'eau chaude. Jonathan-Yan Perreault aurait commis de nombreuses fraudes, selon le syndic de l'Ordre des pharmaciens.

L'homme de 37 ans est propriétaire ou associé dans une quarantaine de pharmacies, majoritairement de la bannière Uniprix, et quelques pharmacies Proxim au Québec.

Selon l'enquête du syndic de l'Ordre, en plus d'avoir obtenu de façon frauduleuse son permis de pratique, le pharmacien aurait utilisé des prête-noms pour acquérir plusieurs de ses pharmacies. Il aurait aussi fabriqué de fausses ordonnances en plus de menacer de représailles certains associés et employés si ces derniers le dénonçaient à l'Ordre des pharmaciens.

Ce dernier aurait envoyé plusieurs chèques de 1500$ au nom du Domaine Orford, situé à Sherbrooke, et de 500$ par mois pour Toxi-Co-Gîtes, à Upton.

Toujours selon l'enquête, ces chèques auraient eu pour but de convaincre les deux centres de continuer de s'approvisionner à la pharmacie de M. Perreault à Acton Vale, alors que les centres songeaient à changer de fournisseur.

Le directeur de centres de traitement en dépendances de l'Estrie, Robin Fortier, confirme avoir reçu des chèques signés par le pharmacien Jonathan-Yan Perreault, qui fait face à une possible radiation pour de nombreux manquements possibles au code de déontologie de l'Ordre des pharmaciens.

M. Fortier, lui, assure qu'il n'a jamais obligé ses clients à s'approvisionner à cette pharmacie. Pour lui, l'organisme à but non lucratif n'a donc rien à se reprocher. Il le voyait plutôt comme un appui financier.

« Il n'y a jamais eu d'entente entre moi et M. Perreault. Le montant qu'il nous allouait, il était sous forme de chèque, c'est vrai, et c'était pour pallier un manque à gagner. Il n'y a rien qui a été fait qui était mal, il n'y a pas eu de mauvaise foi, c'est pour ça que je suis ici devant vous », a-t-il expliqué.

Même s'il confirme avoir reçu des chèques de sa part, M. Fortier nie toute entente d'exclusivité.

« Dans le temps, je ne me suis jamais posé cette question « éthique » parce que je n'ai pas eu de bénéfice personnel ou rien de ça », ajoute-t-il. 

L'indépendance des clients, selon l'Ordre

L'Ordre des pharmaciens a refusé de commenter le cas précis de M. Perreault. Cependant, l'article 50 du Code de déontologie des pharmaciens est très clair. 

Par ailleurs, le projet de loi 98, qui sera débattu à l'automne à l'Assemblée nationale, vise à augmenter les sanctions pour décourager les pharmaciens à mettre en place de telles pratiques.

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