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Agressions sexuelles : les ressources d'aide aux victimes sollicitées

Les ressources qui viennent en aide aux victimes d'actes à caractère sexuel craignent de ne pas être en mesure de répondre à la demande en raison de la multiplication des cas depuis une dizaine de jours. 

Les étudiantes de l'Université Laval potentiellement agressées, les initiations douteuses en Outaouais et les présumées victimes au Collège Mont-Sacré-Coeur de Granby sont des exemples qui, lorsqu'ils sont révélés, encouragent les victimes à parler.

« Quand les médias en parlent, c'est certain que les victimes vont réfléchir à cette voie-là, à dénoncer. C'est une question qui demande beaucoup de réflexion, pour savoir si c'est le bon moment ou non », affirme la coordonnatrice à l'intervention au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel de l'Estrie (CALACS), Maggie Fredette.

En général, les victimes dénoncent toutefois plusieurs années après l'événement, en raison des conséquences que cela peut avoir sur leur entourage et leur propre vie.

« Lorsque ça fait plusieurs années, les victimes qui viennent ici veulent avoir un soutien, elles veulent en parler et comprendre ce qui s'est passé. On travaille beaucoup sur les conséquences, ce que ça a comme impact dans leur quotidien. Si la personne décide de dénoncer, on va l'accompagner tout au long du processus », souligne la coordonnatrice. 

Cinq intervenantes oeuvrent au sein de l'organisme à Sherbrooke. Comme la majorité des autres CALACS, celui de l'Estrie n'arrive pas à répondre à la demande. Il y a une liste d'attente. Le CALACS avoue ne pas avoir les ressources pour répondre immédiatement à toutes les demandes. Or, des services sont créés pour répondre aux situations d'urgence. 

Maggie Fredette espère que la multiplication des dénonciations va inciter le gouvernement à investir dans les ressources d'aide pour offrir des suivis adéquats aux victimes.

 

Centre hospitalier

Si le CALACS est là pour accompagner les victimes, d'autres ressources existent. Le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke - Fleurimont, est un centre désigné pour les victimes d'agressions sexuelles. On en retrouve dans toutes les régions du Québec. Ces centres sont ouverts 24 h sur 24, 7 jours sur 7.

Les équipes médicosociales des centres désignés sont composées d'intervenantes et d'intervenants psychosociaux ainsi que de personnel infirmier et médical formés pour aider les victimes d'agression sexuelle.

« Ça [consiste à] faire une trousse médico-légale si l'agression a eu lieu dans les 7 derniers jours. Si la victime ne veut pas de cette option, on peut lui donner le choix d'y réfléchir. On peut faire la trousse et la conserver pendant deux semaines afin d'avoir des preuves pour la police si la personne décide de porter plainte. Parfois, la personne veut seulement avoir de la médication pour s'assurer de ne pas avoir le VIH ou l'hépatite », explique Hélène Rodrigue, de la direction du programme jeunesse.

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