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Aide médicale à mourir : la résistance des médecins irrite Barrette

Le ministre de la Santé du Québec, Gaétan Barrette, rabroue les médecins de l'unité des soins palliatifs du CHUM qui ont annoncé qu'ils n'offriraient pas d'aide médicale à mourir sur leur étage. M. Barrette est tout aussi « déçu » de la décision d'au moins 26 des 29 maisons de soins palliatifs du Québec de ne pas offrir ce service.

« On ne va forcer personne, mais ce que la loi dit, c'est que c'est disponible. Ce sera disponible à la maison, à l'hôpital, et là, il y a des individus soit dans des administrations, soit dans leur profession, qui vont dire : "moi, je mets des bâtons dans les roues"; ça dépasse l'entendement », a réagi le ministre Barrette en point de presse mercredi matin.

Dès décembre, le réseau de la santé du Québec deviendra le premier au pays à permettra l'injection de doses mortelles à des patients en fin de vie.

Mais 26 des 29 maisons de soins palliatifs du Québec, qui estiment que l'euthanasie n'est pas un soin de fin de vie, ont déjà indiqué qu'elles n'offriront pas l'aide médicale à mourir entre leurs murs.

Le ministre les invite à refaire leur examen de conscience, en pensant d'abord aux patients.

Mais la loi 52, adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale, prévoit un droit de retrait pour ces établissements. « Je n'ai pas le pouvoir d'intervenir là évidemment, mais je trouve ça malheureux », soutient Gaétan Barrette. 

Pas notre mandat, disent les maisons de soins palliatifs

La directrice générale de la Maison Albatros et membre de l'Alliance des Maisons de soins palliatifs du Québec, Élise Rhéault, réplique que les maisons de soins palliatifs ont pour mandat d'offrir « des services d'accompagnement et soulagement de la douleur ». « C'est ce que demande la clientèle », dit-elle. 

Les patients seront mis au courant que l'aide médicale à mourir n'est pas un service offert, précise Mme Rhéault. Dans le cas où une personne changerait d'idée, elle devra être « dirigée, à ce jour, vers un établissement du réseau de la santé », ajoute-t-elle. 

À l'usage, peut-être que les maisons de soins palliatifs vont revoir leur « façon de répondre aux demandes », dit Mme Rhéault, mais elle ne promet rien en ce sens. 

Le CHUM devra se conformer

Gaétan Barrette dénonce aussi l'attitude des médecins de l'unité de soins palliatifs du CHUM, qui ont affirmé qu'ils ne prodigueraient jamais ce type de soin sur leur étage, et que les patients devraient être déplacés. « C'est indéfendable! » selon lui. 

Il rappelle que la loi prévoit que les médecins qui ne veulent pas offrir l'aide médicale à mourir sont libres de refuser, mais les établissements pour lesquels ils travaillent devront trouver un moyen de répondre à la demande du malade.

Hivon surprise de la résistance

La députée péquiste Véronique Hivon, qui avait piloté la commission Mourir dans la dignité et déposé le projet de loi sur l'aide médicale à mourir, ne s'attendait pas à ce que les maisons de soins palliatifs du Québec choisissent « en bloc et sans nuances » de ne pas offrir l'aide médicale. Selon elle, cette décision est « décevante pour les gens qui ont formé ce vaste consensus social ».  

Elle espère que leur position changera graduellement, au fil des demandes. 

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