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« Aide-moi », dit la femme de Raïf Badawi à Justin Trudeau

Cela fait des mois qu'Ensaf Haidar réclame sur toutes les tribunes la libération de son mari Raïf Badawi, si bien qu'elle se dit aujourd'hui à court de mots. Mais à Justin Trudeau, elle en a offert deux, mercredi : « Aide-moi ».

La femme du blogueur, qui croupit derrière les barreaux en Arabie saoudite depuis près de 1600 jours, estime que le temps est venu, pour le premier ministre, d'« intervenir directement » auprès des autorités saoudiennes.

En conférence de presse au parlement, elle s'est désolée d'avoir plus de questions que de réponses. Elle a dit regretter que le Canada ne puisse en faire davantage pour son mari, même s'il ne détient pas la citoyenneté canadienne.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a souligné en entrevue la semaine dernière que c'était là le « principal problème ». C'est pour cette raison, a-t-il insisté, que Riyad ne reconnaît pas Ottawa comme un interlocuteur.

En décembre dernier, Justin Trudeau avait affirmé qu'une intervention directe de sa part n'était pas dans les cartons. On ignore s'il s'est impliqué depuis, son bureau n'ayant pas fourni cette précision et le premier ministre refusant de répondre à cette question à sa sortie de la période des questions.

De Harper à Trudeau 

À l'époque où les libéraux étaient dans les banquettes de l'opposition, ils exhortaient l'ancien premier ministre Stephen Harper à appeler Riyad afin de faire pression directement auprès du roi d'Arabie saoudite.

Le ministre Dion était de ceux-là. Lorsqu'on lui a demandé, mercredi, pourquoi la même obligation ne devrait pas incomber aussi au premier ministre Trudeau, il a rejeté la prémisse de la question.

« On fait toujours très attention d'utiliser les meilleurs moyens pour atteindre ce qu'on vise. Et dans ce cas-ci, ce qu'on vise, c'est que M. Badawi soit libéré et puisse venir au Canada voir sa famille, vivre avec sa famille », a indiqué M. Dion.

Le blogueur a été condamné à 1000 coups de fouet et dix ans d'emprisonnement pour avoir prôné la libéralisation du régime saoudien. Il a été flagellé 50 fois en janvier 2015, mais toutes les séances subséquentes ont été interrompues en raison de son état de santé.

Raïf Badawi n'est pas un citoyen canadien, mais sa femme et leurs trois enfants sont réfugiés au Québec.

Ensaf Haidar participait mercredi à une conférence de presse pour exhorter Ottawa à voter contre la candidature de régimes répressifs comme l'Arabie saoudite au Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

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