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Alain et Calile Haddad : donner une chance, de génération en génération

« On fait ça parce que nous sommes bénis. On vient d'une famille de réfugiés qui a réussi parce qu'on a travaillé fort. Maintenant, on a les moyens d'aider. »

À l'intérieur de son anneau de mariage, Calile Haddad a fait graver une inscription assez simple : n'oublie jamais d'où tu viens. Il y a près d'une centaine d'années maintenant, ses grands-parents ont fuit la Syrie alors que les Chrétiens étaient victimes de violences.

« On ne vient pas d'une famille royale ou qui a gagné à la lotterie. Mes ancêtres étaient des cultivateurs », raconte-t-il.

« Mon père Alain est né à East Angus, je suis né à Sherbrooke et si Dieu le veut, mes enfants seront une troisième génération née au Québec. »

Alain Haddad et son fils Calile sont deux des personnes derrière l'arrivée de réfugiés syriens à Sherbrooke. Depuis 2014, une centaine de famille ont pu fuir la guerre sous le parrainage de l'Église syriaque orthodoxe.

« C'est un peu l'histoire qu'on revit une autre fois­, se désole Alain. Les mêmes raisons qui ont poussé mes parents à partir en 1922, c'est exactement ce qui se vit depuis deux, trois ans en Syrie. »

« En principe, ces pays-là sont le berceau de l'humanité. Ça m'attriste beaucoup que depuis toutes ces années, on n'ait pas appris à vivre ensemble. »

« Ce ne sont pas des gens qui viennent de camps de réfugiés. Ils étaient chez eux, tout allait bien et du jour au lendemain la guerre a éclaté. Ils ont tout perdu », ajoute son fils, Calile.

Ça fait un gros choc : quitter sa maison, son pays, toutes ses possessions pour se retrouver dans un appartement avec des meubles de seconde main. C'est mieux que d'être mort évidemment, mais émotionnellement et mentalement, c'est un choc.

Calile Haddad

Ici, les réfugiés peuvent repartir à neuf. Un nouveau départ qu'Alain et Calile Haddad attribuent un peu à leur travail, mais surtout à l'apport de toute leur équipe et à la générosité des citoyens.

« La population de Sherbrooke a ouvert son portefeuille, mais surtout son coeur aux réfugiés. Elle a répondu au-delà de nos espérances, témoigne Alain Haddad.

« On a eu des familles qui ont donné des sommes de 20 000 $, 30 000 $, c'est incroyable », ajoute Calile.

Mais il n'y a pas que l'argent. Après les dons, il faut aussi donner une chance aux nouveaux arrivants, notamment en leur offrant du travail. La famille Haddad a déjà amorcé le mouvement. Calile a embauché 18 réfugiés dans son restaurant, son frère Alain Junior leur donne aussi une chance dans sa pharmacie.

Ce sont des gens qui étaient des professionnels, des ingénieurs, des avocats, des médecins, des hommes et des femmes d'affaires dont le seul défaut était d'être chrétiens ou orthodoxes.

Calile Haddad

Il reste cependant beaucoup de travail à faire. Alors que la guerre fait toujours rage en Syrie, une soixantaine d'autres familles de réfugiés sont attendues en 2017 à Sherbrooke. De nouveaux citoyens qui, avec l'aide de tous, s'intègregront bien, assure Alain Haddad. Lui et sa famille ont réussi en affaires, qui sait ce qui peut arriver avec un nouveau départ.

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