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Alex Boisvert-Lacroix a fait la paix avec Pyeongchang

« Avec le recul, j'aborde ma performance un peu différemment que dans le feu de l'action. Je suis capable de réaliser que ma course, ce n'était pas une mauvaise course. » Alex Boisvert-Lacroix est passé par-dessus la déception qu'il a vécue à ses premiers Jeux olympiques, où il a fini 11e au 500 m plutôt que sur le podium, comme il le souhaitait.

Un texte de Nicolas Boni-Rowe

Alex Boisvert-Lacroix avait de grandes attentes à Pyeongchang après ses succès en Coupe du monde de longue piste. Il voulait y réussir un bon résultat. Une 11e place au 500 m, sa seule épreuve des Jeux, n'était pas l'objectif.

« C’est seulement cette année que j’ai gagné deux médailles d’or en Coupe du monde. J’en ai gagné une de bronze aussi, donc tous les espoirs étaient permis de pouvoir monter sur le podium. C’est ça qui a fait en sorte que dans le fond, la 11e place, ce n’est plus si incroyable si on veut », explique-t-il.

« En temps normal, si je remonte à il y a deux ans, j’aurais juste été content d’être aux Jeux olympiques, peu importe le résultat.

Boisvert-Lacroix ne s'en cache pas: la pression de performer était bel et bien présente en Corée du Sud. Il pense avoir fait un bon travail pour gérer la pression qui venait de l'extérieur, mais un peu moins celle qu'il se mettait lui-même sur les épaules. Ses attentes étaient si grandes que cela a probablement fini par affecter sa course.

Si tout était à refaire, le patineur de vitesse sur longue piste indique d'ailleurs qu'il ferait une meilleure préparation pyschologique sans changer sa préparation physique.

Boisvert-Lacroix a ressenti de l'amertume à la fin de son 500 m, mais grâce à son entraîneur, Gregor Jelonek, il a pu remettre les choses en perspective.

« Mon entraîneur a été le premier à venir me voir et à me dire que la déception n’était pas permise parce que lui était très fier de moi, dit-il. Il voulait que je garde la tête haute. Il m'a dit que j’étais le meilleur Canadien de la journée et que j’avais travaillé très fort pour être là. Ce discours qu’il m’a fait m’a vraiment ramené sur terre. »

Boisvert-Lacroix estime avoir profité au maximum de son expérience olympique. Il tire une fierté d'avoir été un athlète olympique. Son rêve, qui lui avait filé entre les doigts quand il a raté sa qualification en 2014, s'est finalement réalisé.

Regarder vers l’avant et rester dans le moment présent

L’athlète originaire de Sherbrooke a dû passer rapidement à autre chose pour consacrer ses énergies à la finale de la Coupe du monde, les 17 et 18 mars à Minsk, au Bélarus, où il entend garder sa 2e position au classement cumulatif du 500 m, son épreuve de prédilection.

D’ailleurs, il l’avoue lui-même, il ne voit pas cette course comme une occasion de jeter du baume sur ses plaies de Pyeongchang. Pour lui, seule une deuxième chance olympique pourrait racheter sa performance en Corée du Sud.

« Les Jeux olympiques c’est un événement en soit, il y a quelque chose de complètement différent par rapport aux quatre années où tu es en Coupe du monde ou aux Championnats du monde », dit celui qui a entamé un stage en enseignement dès son retour à Montréal, ce qui l’a rapidement ramené à la réalité.

À 30 ans, Alex Boisvert-Lacroix ne sait pas encore s’il se rendra aux Jeux de Pékin en 2022. Il ne voit pas plus loin que la prochaine saison de Coupe du monde, pour laquelle il est déjà qualifié.

« Dans mon cas, à partir de maintenant, je ne regarde pas quatre ans devant, explique-t-il. Je vais vraiment y aller une année à la fois. Un cycle, c’est quand même très long. »

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