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Allégations de pédophilie au Collège Mont-Sacré-Coeur de Granby

Un ancien pensionnaire du Collège Mont-Sacré-Coeur, à Granby, réclame plus d'un million de dollars en dommages à la congrégation et demande à la Cour supérieure l'autorisation d'intenter un recours collectif.

L'homme aujourd'hui âgé de 56 ans allègue avoir été victime d'agression sexuelle à plus de 300 reprises entre 1973 et 1975. Le frère Claude Lebeau, membre de la congrégation des Frères du Sacré-Coeur, est visé dans la requête. Il était surveillant de dortoir.

Selon le récit de la victime alléguée, le frère en question aurait pu faire une centaine de victimes. Il aurait été en poste pendant une quinzaine d'années.

Un soir, le requérant aurait invité le jeune plaignant à venir le rejoindre dans sa chambre pour l'aider à vaincre sa timidité. Alors âgé de 13 ans, le requérant croyait qu'ils allaient prier ensemble.

Après le Collège, le requérant soutient avoir commencé à consommer de l'alcool et de la drogue pour geler ses émotions et son anxiété. Il a entamé à l'âge de 31 ans un traitement de désintoxication, mais ce n'est qu'en 2015 qu'il a réalisé à quel point son lourd secret a miné sa vie et qu'il veut obtenir réparation.

Il demande d'être indemnisé pour les dommages subis, mais il souhaite aussi que les autres victimes puissent l'être. C'est la raison pour laquelle il demande à la Cour supérieure d'autoriser une action collective. Il en serait le représentant.

Le requérant, qui veut conserver l'anonymat, a retenu les services d'une firme d'avocats qui possède une vaste expérience en matière d'actions collectives, notamment contre des établissements scolaires et religieux.

Le frère Claude Lebeau a quitté la congrégation en 1997. 

Réactions de Sacré-Coeur 

Les Frères du Sacré-Coeur confirment qu'ils ne s'opposeront pas à la requête de recours collectif déposée contre eux. 

« Les frères ont comme intention de participer activement, de collaborer, de rendre la chose très transparente de façon à ce que justice soit faite », a affirmé leur avocat, Yanick Messier.

De son côté, la direction du Collège Mont Sacré-Coeur de Granby se dit secouée par ces allégations, qui remontent au temps où l'établissement était administré par des religieux.

« L'expression que j'ai dit ce matin : mon coeur saigne. Oui, c'est la communauté qui est plus directement touchée par ça, parce qu'on parle d'une époque où il y avait des pensionnaires ici. Depuis 1990, il n'y a plus de pensionnaires, mais ce n'est pas l'image d'un frère qu'on voit ce matin, c'est l'image de mon Collège », a commenté le directeur général, Claude Lacroix.

Lui-même ancien élève de l'institution, M. Lacroix souhaite que les personnes responsables de gestes répréhensibles en subissent les conséquences. L'école est laïque depuis 2004 et la direction espère qu'elle ne souffrira pas des procédures en cours, alors qu'une journée portes ouvertes doit avoir lieu dimanche.

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