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Altercation mortelle à Argyll : le syndicat dénonce le manque de personnel 

La direction du pavillon Argyll, à Sherbrooke, admet qu'elle devra tirer des leçons de l'incident qui a mené au décès d'un homme de 74 ans, lundi soir. Le syndicat, de son côté, dénonce un manque de personnel. 

Un texte de Carl Marchand

Le résident a perdu la vie à la suite d'une altercation avec un autre résident. La famille du défunt en a été avisée dans l'heure suivante. Ce n'est cependant que 12 heures plus tard, le lendemain matin, que les policiers ont été contactés.

La direction du centre d'hébergement pour personnes âgées en perte d'autonomie admet que son protocole en la matière devra être revu.

« On comprend que les gens n'ont pas cru qu'il était pertinent d'aviser la police dans les circonstances », a affirmé Sylvie Moreault, directrice du programme de soutien à l'autonomie des personnes âgées.

« Étant donné que c'était entre résidents dans une unité spécialisée, souvent, on part de la présomption que ces gens-là ne sont pas responsables de leurs actes », a-t-elle ajouté.

« On ne se déresponsabilise certainement pas de ce qui est arrivé, indique pour sa part la Dre Suzanne Gosselin, directrice adjointe des services professionnels. Selon notre lecture, les choses qui devaient être mises en place ont été mises en place et il est arrivé quelque chose qui était vraiment imprévisible. »

Trois enquêtes sont en cours pour faire la lumière sur les événements.

Le coroner tente de déterminer la cause exacte du décès de l'homme de 74 ans. Les policiers ont la responsabilité d'interroger les témoins et les personnes impliquées dans l'incident. Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) mène également une enquête administrative pour comprendre le long délai avant l'appel aux policiers.

Le Syndicat dénonce un manque de personnel

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les préposées aux bénéficiaires, soulève plusieurs interrogations et inquiétudes à la suite des évènements survenus au pavillon Argyll. 

« La tragédie est survenue entre 22 h et 23 h, qui est une période de vulnérabilité dans l'aile en question. Durant cette heure, il n'y a qu'un seul préposé aux bénéficiaires pour surveiller 36 résidents qui ont des déficits cognitifs sévères. C'est insuffisant. Nous avions déjà souligné ce problème à l'employeur », soutient Suzanne Desloges, présidente du SCFP au CIUSSS de l'Estrie - CHUS.

L'unique employé présent lors des évènements serait en congé, selon Suzanne Desloges. « Cette personne est très très affectée, a-t-elle souligné. Nous avons contacté cette personne à plusieurs reprises aujourd'hui et il y aura un suivi avec tout le personnel parce que nous aussi on trouve ça inquiétant que le tout ait été tenu presque secret », a-t-elle ajouté. 

Selon la direction, cependant, l'altercation mortelle n'est pas attribuable à un manque de personnel. Il s'agit plutôt d'un événement regrettable, et il est impossible de garantir qu'il ne se reproduira pas, conviennent les autorités.

« J'aurais aimé qu'aucun incident ne se soit produit dans un CHSLD au cours de la dernière année, mais on n'a pas cette capacité-là. On doit faire en sorte qu'il s'en produise le moins possible et les prévenir. C'est ça notre travail », conclut Sylvie Moreault

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