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Aménagement d'une tourbière : Sherbrooke dit oui, Québec dit non

Un Sherbrookois a eu la mauvaise surprise d'apprendre que les aménagements qu'il était en train de faire sur son terrain étaient illégaux aux yeux du ministère de l'Environnement alors que les inspecteurs de la Ville de Sherbrooke, eux, avaient donné leur aval.

Ce qui cause problème, c'est le petit lac que Jean Bégin a creusé sur son terrain situé près de l'intersection des routes 220 et 249 dans le secteur Saint-Élie. En octobre dernier, le citoyen a contacté la Ville de Sherbrooke pour s'assurer qu'il pouvait bien construire ce lac sans avoir besoin d'un permis. Selon lui, il a reçu le feu vert des inspecteurs de la Ville.

Les travaux qu'il a entrepris représentent un investissement de 15 000 $. En plus du lac, M. Bégin a commencé à aménager l'endroit pour y recevoir une future plantation de fraise et pour y construire une maison.

Toutefois, en mai, un citoyen qui passait dans le coin a constaté les travaux qui ont lieu sur ce terrain qui est également une tourbière. Préoccupé par la conservation du milieu humide, André Beaupré a porté plainte à la Ville et au ministère de l'Environnement. « Ce que je trouve le plus préoccupant, c'est que l'on voit à maintes reprises des milieux humides qui se font détruire probablement par mégarde, par ignorance peut-être, parce que les gens ne le savent pas. C'était un peu le but de ma plainte de signifier cet évènement-là », dit-il.

Ignorance totale

Selon l'article 22 de la Loi sur la qualité de l'environnement, une personne qui veut travailler dans une tourbière doit obtenir un certificat d'autorisation auprès du ministère de l'Environnement. Jean Bégin n'était pas au courant. Il n'a donc jamais demandé ce certificat.

Le ministère lui demande maintenant de boucher le lac et de le recreuser plus loin, en dehors de la tourbière.« Détruire un lac qu'on avait construit, ça coûte des frais et ça enlève un rêve qu'on avait pour la plantation de fraises. Ça n'aurait été vraiment rien de demander un permis et de le creuser 25 pieds plus loin. Ce n'est pas trop trop logique. On va briser bien plus l'environnement en enterrant tout ça avec de la glaise. Ça ne sera plus jamais comme avant », déplore Jean Bégin.

La Ville de Sherbrooke ne peut pas confirmer ou informer ce qu'il s'est passé pour le moment. Une enquête est toutefois en cours auprès des inspecteurs et de son propre service de l'environnement pour comprendre les circonstances de cet imbroglio.

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