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Anya Borissova : les ballets de la Russie à Sherbrooke

J'ai quelques minutes de retard. Je cours dans les corridors du Centre des arts et de la scène Jean-Besré. Je cherche le local où Anya Borissova répète quand je l'aperçois
à travers une grande vitrine. Je reste quelques minutes devant la fenêtre à la regarder. Admirative. Anya a 46 ans. Elle en fait dix de moins. Gracile et gracieuse, belle.

Un portrait d'Anik Moulin

C'est que, la danseuse, originaire de la Russie, présentera les 5 et 6 février au Théâtre Léonard St-Laurent de Sherbrooke Encore Agrippina. Un hommage émouvant à sa grand-mère russe, décédée il y a quelques années.

Une performance qui mélange théâtre, danse et vidéo où Anya raconte la destinée d'Agrippina et de sa famille durant la période de 1931 à 1945. Deux ans de travail, de recherche d'images et de création pour accoucher de cette oeuvre personnelle, qui en fait, est la deuxième d'une trilogie.

J'avais envie de revenir sur le parcours fascinant d'Anya. Sur son enfance, en Russie, et surtout comprendre les raisons de son arrivée en Estrie.

Le ballet comme un remède

Enfant, Anya est très malade. Elle souffre de pneumonie chronique. Le médecin conseille fortement à sa mère d'inciter la jeune fille à pratiquer un sport. Elle fera donc du patinage artistique et du ballet. Le miracle opère. Anya va, non seulement, beaucoup mieux, mais elle guérit complètement.

La jeune danseuse est acceptée à l'âge de 10 ans aux célèbres Ballets Bolchoï de Russie. Déjà, voilà un exploit! Parce que n'entre pas qui veut dans cette institution qui existe depuis 1776. La troupe est réputée mais ultra stricte et sévère.

Malgré tout, elle y sera jusqu'à l'âge de 19 ans. Parce que la grâce du ballet l'a toujours interpellée. Encore aujourd'hui d'ailleurs. Elle séjournera aux États-Unis et à Toronto, où elle étudiera au National Ballet School. Après Montréal, elle s'installe avec sa petite famille en Estrie.

Quand sa grand-mère meurt, il y a quelques années, Anya a une soudaine inspiration. La danseuse a la folle envie d'effectuer un retour sur scène.

Encore Agrippina est un portrait de sa grand-maman, doublé d'un devoir de mémoire de cette période de 1931-1945. Anya ne veut pas qu'on oublie. Elle veut partager ce pan de l'histoire russe.

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