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« Apprendre la langue française est notre priorité » - Rana, réfugiée syrienne

Alors que le gouvernement du Québec peine à convaincre les nouveaux arrivants d'apprendre le français, une famille de réfugiés syriens dernièrement établie à Sherbrooke aborde la francisation comme une solution pour entrer sur le marché du travail plus facilement.

Un texte de Brigitte Marcoux

« Tu ne peux pas vivre dans un endroit si tu ne peux pas lire les pancartes et si tu ne peux pas comprendre ce que les gens disent. L'apprentissage du français est notre priorité pour les prochains mois », explique Rana, diplômée en littérature qui occupait un poste de professeur d'anglais en Syrie.

Rana, Roula, Hala et leur mère parlent toutes l'arabe. Deux d'entre elles maîtrisent l'anglais. Les quatre femmes souhaitent ardemment se dénicher un emploi.

Lorsque la ministre du Développement international et de la Francophonie les a rencontrées, dans la petite église syriaque de l'est de Sherbrooke pour s'enquérir de leur intégration depuis leur arrivée, elle leur a rappelé l'importance d'apprendre le français, l'élément clé d'une intégration réussie, selon elle.

« On est en train de mettre sur pied des initiatives pour mettre en contact des employeurs qui sont à la recherche de travailleurs. Quand je rencontre les réfugiés, j'insiste sur le fait que c'est important pour eux d'apprendre la langue française et je crois qu'ils comprennent », indique la députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international et de la Francophonie.

« On ne veut pas vous voir partir pour Montréal au Toronto, nous voulons vous garder avec nous ici à Sherbrooke », a d'ailleurs indiqué la ministre Bibeau aux quatre femmes.

En moyenne les immigrants qui s'installent à Montréal attendent 2 ans avant d'aller suivre un cours de francisation. À Sherbrooke, ce délai est d'environ 3 mois, selon le Service d'aide aux Néo-Canadiens. Le diacre de l'église syriaque, Gamil Turk, parle plutôt d'un délai de 5 mois pour suivre les cours.

« Depuis l'automne, notre église a accueilli pas moins d'une trentaine de familles de réfugiés. Les gens arrivés en octobre commencent à suivre les cours de francisation en février. Ils sont près d'une soixantaine », raconte M. Turk.

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