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Après 25 d'existence, la bibliothèque Éva-Senécal en quête de renouveau

La bibliothèque Éva-Senécal, à Sherbrooke, a entrepris le mois dernier ses plus grands travaux de rénovation en 25 ans d'existence. L'heure est donc au bilan. L'avènement du numérique a fait chuter la fréquentation et le nombre d'abonnés. La direction souhaite maintenant se renouveler et demeure persuadée que son mandat est toujours d'actualité.

Un texte de Louis-Philippe Bourdeau

Pour souligner ce quart de siècle, l'institution sherbrookoise s'est refait une beauté. Nouveau tapis, nouveaux comptoirs de services, nouvel aménagement des lieux; ce sera une bibliothèque transformée et plus fonctionnelle qui rouvrira ses portes au public le 12 octobre prochain.

Toutefois, si le silence était déjà de mise entre ses murs, les résidents de Sherbrooke s'y font certainement plus discrets depuis quelques années. Entre 2011 et 2015, la fréquentation de la bibliothèque a chuté de près de 11 % tout en perdant près du quart de ses abonnés.

Le nombre de prêts a également diminué sur la même période, passant de 705 595 en 2011 à 599 701 l'an dernier.

 

L'impact de l'ère numérique

La direction ne se ferme pas les yeux devant le désengagement de ses usagers. Le combat contre le web est difficile. La bibliothèque n'est plus ce lieu de référence comme elle l'était autrefois. Il faudra donc se démarquer d'une autre façon et user de créativité, croit la chef de section bibliothèque d'Éva-Senécal, Sylvie Fournier.

« Ce qui fait le plus mal, c'est le secteur de la référence. Avant, à l'école, on allait y consulter les ouvrages de référence, les dictionnaires, les encyclopédies, maintenant, avec l'avènement des technologies, la section est de moins en moins utilisée. Ces personnes ne se présentent plus à la bibliothèque », explique-t-elle.

Malgré tout, le budget est stable depuis cinq ans, tout comme le nombre d'employés.

Le budget annuel de 3,6 millions de dollars permet de regarnir les étagères, mais aussi de s'attaquer plus directement au virage numérique. Depuis 2014, la bibliothèque Éva-Sénécal investit lentement, mais sûrement, dans le prêt de livres numériques. Son nombre a doublé en deux ans.

S'adapter et voir plus loin

Depuis cinq ans, la direction de la bibliothèque a mis en place plusieurs projets pour diversifier ses services. L'achat d'une dizaine d'ordinateurs portables permet désormais d'offrir des cours d'informatique aux usagers. Un nouveau logiciel offre l'option de renouveler ses prêts en ligne et de consulter virtuellement le catalogue de la bibliothèque.

« Je pense qu'à chaque fois que les usagers auront de nouveaux équipements pour avoir accès à de l'information, la bibliothèque devra s'ajuster. La problématique qu'on rencontre plus souvent qu'autrement, c'est que ça va plus vite que notre capacité à pouvoir s'adapter à cette nouvelle réalité », croit Sylvie Fournier.

Maintenant que ces nouveaux outils sont en place, la direction compte bien reprendre contact avec les usagers qu'elle a perdus depuis cinq ans. Pour atteindre un nouveau public, la direction collaborera avec des organismes communautaires de la région pour identifier les besoins de leur clientèle et, ainsi, offrir des services adaptés et des ateliers pertinents. 

Chose certaine, le doute sur l'existence même de la bibliothèque Éva-Senécal n'existe pas dans la tête de Sylvie Fournier. À son avis, la bibliothèque est une institution ancrée dans nos traditions qui est bien loin d'avoir dit son dernier mot. « Je crois que la bibliothèque est toujours un lieu de partage, de socialisation, d'information et d'échange. Ça demeure important pour nous tous », assure-t-elle.

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