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Attaque à Ouagadougou : le CSI réfléchit à son intervention

L'attentat meurtrier au Burkina Faso, qui a fait 29 morts, dont six Québécois, oblige le Carrefour de solidarité internationale (CSI) de Sherbrooke à réfléchir à ses projets de coopération dans ce pays d'Afrique de l'Ouest. Le CSI y soutient un organisme, l'Association Denro, et envisageait y envoyer des coopérants au cours des prochains mois.

« Quand ces situations arrivent, ça ne veut pas dire que les besoins sont moins criants localement. Des fois, ils le deviennent encore plus parce que ça crée de l'insécurité, plus de tensions, un certain ralentissement. On veut persévérer avec eux », nuance le directeur par interim du CSI, Étienne Doyon.

Bien que la collaboration se poursuivra avec le partenaire local, l'envoi de volontaires estriens dans la région est plus incertain. « On suit toujours les conseils aux voyageurs, mais là, la situation est vraiment plus tendue », assure-t-il.

Le CSI a aussi pris la décision de ne pas envoyer de volontaires au Mali cette année, le dernier groupe était revenu au Québec en avril 2015.

Le pays voisin a aussi été le théâtre d'attentats terroristes et d'instabilité politique au cours des derniers mois.

« On a des stages de solidarité avec le ministère des Relations internationales et de la Francophonie et des stages avec le gouvernement fédéral qui devaient se dérouler au Mali, mais avec la situation sociopolitique actuelle, on a réorienté nos projets vers le Pérou ou Haiti pour cette année », ajoute Étienne Doyon.

Ne pas céder à la peur

Le monde de l'aide internationale est ébranlé, mais il ne faut pas céder à la peur, croit la ministre du Développemet international et députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau. « C'est un événement qui est très spécifique et qui était impossible à prévoir. Il y a des travailleurs humanitaires qui vont continuer à oeuvrer partout. Il y a des mesures à prendre et il y a des organisations vraiment spécialisées qui savent comment fonctionner », soutient-elle.

Même son de cloche chez un Sherbrookois qui oeuvre pour une organisation d'aide internationale en éducation à une centaine de kilomètres de Ouagadougou.

« Les Burkinabés sont franchement très déçus et semblent pour la plupart révoltés. Bien des gens m'ont accosté pour me dire, puisque les attentats visaient de façon évidente des étrangers, que j'étais bienvenu au Burkina et que je devais continuer à m'y sentir en sécurité », raconte Paul Lavoie.

Malgré cela, le coopérant se désole que cet événement porte ombrage aux espoirs que plusieurs avaient.

« Ce qui s'est produit à Ouagadougou est vraiment triste. Le pays, après une période d'instabilité, pouvait envisager, avec un nouveau gouvernement en place depuis quelques semaines à peine et démocratiquement élu, un avenir meilleur. Or ces espoirs semblent s'envoler. »

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