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AU CŒUR DE LA VIE - Le secret du CHUS pour garder ses 180 000 mètres carrés propres

Denise Beaulieu se déplace à la vitesse de l'éclair dans les corridors du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. « Moi, je cours tout le temps », lance en riant la chef d'équipe au service d'hygiène et de salubrité. C'est que le travail à accomplir est indispensable et colossal : la surface à garder propre équivaut à pas moins de 33 terrains de football.

Un texte d'Émilie Richard

En plus du nettoyage quotidien de l'établissement, les préposés doivent s'assurer de désinfecter les chambres de fond en comble lorsqu'elles sont laissées vacantes après le départ d'un patient.

Armée de gants et de litres de désinfectant, Denise, comme les autres, frotte partout : sous les lits et les matelas et jusque dans les coudes des barrières de lit. La brosse à dents devient, à l'occasion, l'arme secrète pour tout faire briller et éviter toute transmission d'infection entre les patients.

En une vingtaine de minutes, 30 tout au plus, la tâche est réalisée. « Il faut voir le travail, il faut passer partout. Parfois, il y a du sang ou bien de la " m ", ce n'est pas tout le monde qui le voit », s'esclaffe Mme Beaulieu, qui cumule 13 ans d'ancienneté.

À certains moments, la vitesse d'exécution devient aussi un enjeu. C'est le cas notamment au service de la maternité, qui possède sa propre équipe d'entretien et dont fait partie Lucie Morneau.

« Quand on entre le matin, on ne sait pas si on va courir, ça dépend des journées. S'il y a eu beaucoup d'accouchements, il faut rider. Ça presse pour faire des chambres parce que ça prend un lit pour accoucher », explique celle qui, depuis trois ans, s'occupe de nettoyer le « lourd » de l'étage. Dans le jargon, ça signifie qu'elle se consacre au plancher avec, en mains, vadrouille et polisseuse.

Un travail récompensé

Si on additionne à ceux du CHUS-Fleurimont les employés de l'Hôtel-Dieu, 300 travailleurs exécutent ces mêmes tâches de façon minutieuse et rigoureuse. D'ailleurs, les deux établissements hospitaliers sherbrookois sont parmi les plus performants au Québec en prévention et contrôle de la propagation des infections nosocomiales.

« Nous sommes très, très, très fiers, mais le crédit va aux équipes qui appliquent les bonnes techniques de désinfection », souligne Steeve Lavoie, chef des services hygiène et salubrité-lingerie au CHUS.

Sur son bureau, il étend un produit qui s'illumine sous les rayons ultraviolets et qui permet de détecter les bactéries encore présentes sur la surface. Ce marquage à fluo permet d'assurer un suivi de qualité par l'équipe de prévention des infections, qui vérifie tous les éléments en contact avec le patient.

Un travail colossal? L'an dernier, l'équipe d'hygiène et de salubrité du CHUS-Fleurimont a complété 43 000 désinfections lors d'un transfert, d'un départ ou d'un décès.

Une fois à la maison, faites-vous encore du ménage? « Non... pas tous les jours », répond franchement Lucie alors que pour Denise, un « oui » timide est lancé en guise de réponse.

Produits d'hygiène et de salubrité utilisés au CHUS-Fleurimont et à l'Hôtel-Dieu en 2015 - 2016

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