Ils offrent un sourire, du répit ou bien ils participent à des collectes de fonds. Les milliers de bénévoles qui gravitent dans l'environnement du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) sont indispensables au bien-être des patients. 

Dévoués et généreux de leur précieux temps, voici trois êtres d'exception pour qui le bénévolat est une seconde nature.

Pierrette Dulude, bénévole en pédiatrie

Quelques secondes suffisent pour tomber sous le charme de Pierrette Dulude. Même les infirmières en pédiatrie, où elle donne une grande partie de son temps, cachent mal leurs émotions lorsqu'elles louangent celle qui peut passer des heures à bercer des bébés.

« Je ne me tanne jamais », lance spontanément la femme qui arrive souvent tôt à l'hôpital. « J'adore le matin parce que les infirmières de nuit terminent et celles de jour débutent leur journée. Elles sont très occupées pendant ce court laps de temps, de 7 h à 8 h. Alors, je suis là pour m'occuper des enfants qui sont parfois seuls avant que les parents arrivent. Ils ont parfois deux ou trois autres enfants à la maison. Dans ce temps-là, ça se peut que je passe une couple d'heures avec le même », explique Pierrette qui cumule l'expérience d'une vie auprès des enfants.

Jeune fille, Pierrette a travaillé comme aide-puéricultrice à la crèche de la Miséricorde. Après avoir eu ses enfants, elle a gardé ceux des autres à domicile. « La dernière place, j'ai demandé à ma patronne de me libérer parce que je voulais m'en venir en pédiatrie. À 62 ans, j'ai pris ma retraite », raconte celle qui, depuis cinq ans maintenant, fait le bonheur des petits, des parents et du personnel soignant sans jamais compter ses heures.

Au total, ce ne sont pas moins de 50 à 60 heures qu'elle donne par mois. De façon générale, les 120 bénévoles du CHUS sont invités à consacrer un minimum de 3 heures par semaine, donc 12 heures par mois à leur bénévolat. « J'en fais plus parce que j'aime ça. Je fais les remplacements, surtout quand ce sont les mois les plus occupés. En septembre, octobre, les enfants retournent à l'école, les plus vieux ne peuvent s'empêcher d'embrasser le petit bébé, le bébé attrape le rhume, une bronchiolite et il est hospitalisé. »

Avec plaisir, Pierrette Dulude donne du répit aux parents pour qu'ils puissent prendre quelques minutes ou plusieurs heures pour manger, se laver ou tout simplement s'aérer l'esprit.

Elle berce, colorie, jase ou joue aux cartes avec les plus vieux.

« J'adore, je ne peux pas m'en passer. Il faut que je sois ici », lance-t-elle en riant.

Jacqueline Allard, auxiliaire bénévole du CHUS

Jacqueline Allard est une grande dame, au sens propre comme au sens figuré. Depuis 28 ans, elle est bénévole à l'Hôtel-Dieu Fleurimont au sein de l'Association des auxiliaires bénévoles du CHUS. 

Tous les vendredis matin, elle offre du café aux patients et aux visiteurs de l'établissement. « Je passe dans les salles d'attente. Certains viennent de loin alors on leur offre du café, du jus et s'ils ont faim, des collations. On les fait rire aussi. Je pense que juste en me voyant la face, ils partent à rire », lance-t-elle.

Impossible de ne pas rire en choeur avec cette femme attachante pleine d'entregent. « J'ai été élevée dans le public. J'adore le contact avec les gens », raconte Jacqueline qui a aussi été présidente de l'Association pendant trois ans et secrétaire de nombreuses années. 

Quelque 70 auxiliaires bénévoles offrent de leur temps au CHUS. Jacqueline est entourée de Nicole et Anthony.

Quelque 70 auxiliaires bénévoles offrent de leur temps au CHUS. Jacqueline est entourée de Nicole et Anthony.

 © 

Radio-Canada/Emilie Richard

En tout, il y a environ 70 auxiliaires bénévoles au CHUS. L'an dernier, ils ont amassé près de 50 000 $ grâce à des dons, à la vente de pâtisseries et de livres usagés, aux revenus générés par la boutique de l'hôpital et, bien sûr, à la vente de café. « Quand j'arrive à des endroits et que ça ne bouge pas beaucoup, je leur sors mon boniment, mon papier. Je leur montre où on fait nos dons et je leur donne le montant total qu'on a donné. Je leur dis, parfois, un petit don, ça fait du bien. C'est comme ça que je vends ma salade », explique fièrement Jacqueline.

Avec joie, elle décrit tout ce que l'Association rend possible. « On est là pour le mieux-être des patients. Par exemple, on fournit des layettes pour les bébés, des coussins en coeur pour les personnes opérées au coeur, on souligne la fête des mères et des pères, mais ce que je préfère, c'est la tournée des petits bonheurs. Quatre fois par année, on donne des cadeaux dans les deux hôpitaux. À Noël, ça c'est beau! Il y a des patients qui n'ont pas de visites. Le seul visage qu'ils vont voir, c'est nous autres et parfois il y en a qui pleurent », se souvient la dame de 78 ans qui sort toujours grandie de ces rencontres.

C'est en visitant régulièrement sa mère hospitalisée à l'Hôtel-Dieu à la fin des années 1980 qu'elle a senti le désir de s'engager. « Elle me disait : ''c'est le fun, ils viennent me chercher pour aller à la messe le dimanche matin''. Si on l'a fait à maman, je me suis dit : ''pourquoi je ne le ferais pas aux autres?'' C'est comme ça que j'ai commencé », confie Jacqueline Allard.

Elle n'est pas devenue infirmière comme ses trois soeurs ou comme sa maman l'aurait souhaité, mais depuis des années elle « trotte dans les corridors de l'Hôtel-Dieu ».

Luc Blanchard, bénévole pour la Fondation du CHUS

Avoir un agenda bien garni, c'est dans la nature de Luc Blanchard. Son emploi du temps est souvent consacré à la Fondation du CHUS. Il est un des 600 bénévoles sur lequel l'organisme peut compter. « J'ai toujours été impliqué soit dans le domaine sportif ou culturel. C'est en participant à des événements de la Fondation, dont le souper gastronomique, que j'ai été inspiré. Le leadership de certains bénévoles m'a donné le goût de m'impliquer », exprime le premier vice-président et conseiller principal en gestion de patrimoine chez BMO Nesbitt Burns. « Je suis dans le domaine de la santé financière, j'aide mes clients à bien vivre financièrement à long terme et ça, ce n'est pas possible sans la santé. La cause est importante et complémentaire d'une certaine façon », ajoute-t-il.

Principalement, l'homme d'affaires participe à l'organisation de deux événements majeurs au profit de la Fondation du CHUS : le souper gastronomique et le tournoi de golf. Les heures qu'il passe à ces deux projets, il ne les compte pas. « Pour le souper, qui a lieu en mars-avril, on commence à planifier en août-septembre. Le nombre d'heures varie beaucoup, mais l'implication augmente plus on approche de l'événement. En dehors des comités organisationnels, je fais de la sollicitation pour trouver des commanditaires, des participants », détaille celui qui a toujours senti le besoin de s'engager dans sa communauté. « J'aime l'aspect social qui fait la force d'une communauté. Pour moi, je me réalise dans ces choses-là. C'est valorisant de participer à des événements qui sont des réussites et qui prennent de l'ampleur. »

Donner de son temps pour la Fondation, c'est en quelque sorte un retour aux sources pour monsieur Blanchard. « Ce qui m'a amené à Sherbrooke, c'est le CHUS. Je suis arrivé à Sherbrooke à l'âge de 12 ans parce que mon père est médecin. C'était l'ouverture de l'hôpital à ce moment-là », se souvient-il.

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