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Baie Fitch : la bataille est loin d'être terminée pour Memphrémagog Conservation

La baie Fitch du lac Memphrémagog est un joyau naturel, riche en biodiversité. Mais l'écosystème de la baie reste fragile et l'organisme Memphrémagog Conservation, qui a publié son rapport, samedi, souligne plusieurs problèmes qui nécessitent une intervention rapide

Un des problèmes concerne les amphibiens, qui sont nombreux à utiliser la baie pour se reproduire. Toutefois, la plupart d’entre eux n’atteignent même pas le plan d’eau. Ils meurent écrasés en tentant de traverser le chemin Narrow, qui sépare la forêt, où les amphibiens se réfugient durant l’hiver, et la baie Fitch.

« On a réalisé, en faisant un inventaire d’amphibiens, qu’en une seule soirée, plus de 400 amphibiens étaient écrasés sur les 500 dénombrés, explique Ariane Orjikh, directrice générale de l’organisme. On essaie cette année de caractériser le tronçon routier pour voir s’il y a des aménagements qu’on pourrait faire pour limiter la mortalité des amphibiens. »

Les amphibiens ne sont pas les seuls problèmes auxquels est confrontée la région entourant la baie de Fitch. L’année dernière, des efforts ont été entamés pour tenter de contrôler la prolifération du phragmite, ou roseau commun, une espèce envahissante.

La qualité de l’eau de la baie Fitch reste également menacée. Le taux de phosphore y est deux fois plus élevé qu’ailleurs dans le lac Memphrémagog. Une concentration élevée de phosphore dans un milieu aquatique contribue à l’eutrophisation accélérée de ce milieu, soit un vieillissement plus rapide.

En 2015, l’organisme avait d’ailleurs mis sur pied un plan quinquennal pour s’attaquer à la mauvaise qualité de l’eau de ce secteur précis du lac Memphrémagog.

Une intervention gouvernementale demandée

Memphrémagog Conservation souligne son 50e anniversaire, en 2017, et dresse un bilan plutôt mitigé. Si l’organisme peut se féliciter de certaines victoires, comme la stabilisation du niveau de phosphore, il lui reste encore plusieurs batailles à mener, comme la règlementation fédérale entourant l’utilisation des bateaux à moteur.

Le président de Memphrémagog Conservation, Robert Benoît voudrait que le gouvernement fédéral passe aux actes.

« Nous voulons que le ministère du Transport au fédéral prenne en considération les aspects environnementaux des plans d’eau et des juridictions sur les plans d’eau. En ce moment, le ministère a le loisir de faire ce qu’il veut. »

Robert Benoît souhaiterait également que le ministère travaille conjointement avec celui de l’Environnement dans ce dossier.

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