« Il y a quelque chose de totalement exaltant à mettre un point final à une chanson et avoir l'impression que tu n'y changeras rien. Que ça ait pris six mois ou une heure à l'écrire. »

Un portrait de Carl Marchand

Benoit Pinette aime toutes les sphères de son « nouveau » métier : faire de la musique. Un saut de l'ange professionnel, réalisé il y a deux ans, quand il a délaissé les habits d'éducateur spécialisé pour ceux de Tire le coyote.

Gagner sa vie à travers cette voix si distincte et des airs de folk et country, c'est déjà un rêve en soi, indique l'artiste.

« Tout le temps où j'ai travaillé tout en faisant de la musique, il y a toujours une partie de moi qui ne souhaitait que faire ça et m'y consacrer à temps plein à ça. »

Le plus grand plaisir qui en découle, c'est celui de trouver les mots justes, ajoute l'artiste. Bien plus que de dénicher une mélodie accrocheuse. Mais à ne point en douter, écrire des chansons demeure un travail, un ouvrage d'artisan, décrit l'auteur-compositeur-interprète originaire de Sherbrooke.

« Si tu voyais le nombre de pages que je barbouille, c'est assez impressionnant. »

L'écriture, ce besoin viscéral et vital de créer comme il l'appelle, est un jeu d'essais et d'erreurs. Quand on trouve le bon filon, c'est parce qu'on a trimé dur, qu'on a erré, bien plus que par chance. La seule certitude, c'est qu'il faut se mettre à l'ouvrage, aussi souvent que possible.

L'éthique de l'écriture

« Quand j'ai une journée de libre, je me lève, je prends un café et la première chose que je fais, c'est de prendre ma guitare et je commence à écrire, explique Benoit Pinette, pour décrire sa discipline de travail. Je ne crois pas trop à l'inspiration. Je n'attends pas le moment divin. Je crois plus au travail. »

Une habitude tirée d'un passé de sportif, à jouer au football et au baseball, dira le Coyote. Une éthique de travail, bref, pour « atteindre le plus haut niveau » qu'il peut.

Mais dans la musique, il n'y a pas de passe incomplète ou de mauvais relais au marbre qui coûte le match. Pour faire une chanson de Tire le coyote, ça prend de l'instinct et de la spontanéité, confie l'artiste, et il ne les retrouve que dans le confort d'un refuge.

Puis si les mots n'atteignent pas la cible aujourd'hui, on pourra toujours les relancer dans les airs demain.

Benoit Pinette admet d'ailleurs que les questions abondent depuis que Léonard, 5 ans et Viviane, 4 ans, ont fait leur apparition dans le portrait de famille avec sa blonde Odélie.

« Il y a plein de choses qui me préoccupent : le temps qui passe, la mort, la maladie de gens autour de moi. Parfois, j'essaie de trouver des réponses que je ne pourrai jamais avoir. »

Les chansons de la suite

Des questions comme autant de sujets possibles à explorer dans de futures chansons. En septembre, Tire le coyote terminera la tournée de son plus récent album, Panorama, lancé en 2015.

Reviendront alors les sessions d'écriture intensive et les contrats, essentiels à la survie du musicien : la réalisation d'albums et des ateliers de création dans les écoles. Pinette y montre aux étudiants comment ça se fabrique, une chanson.

Montrer aux autres, c'est aussi l'occasion de regarder son propre travail à travers une lunette grand-angle, illustre le chanteur. Et de se rappeler le message du poète Nicolas Boileau aux créateurs : 

« Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, polissez-le sans cesse, et le repolissez, ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »

« Tu ne sais pas toujours ce que tu veux faire, donc la plus belle chose que tu peux savoir, c'est ce que tu ne feras pas, conclut Benoit Pinette. C'est ce que l'expérience donne : savoir quelle erreur on ne refera pas. »

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