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Bond important du prix des terres agricoles au Québec

Le prix des terres agricoles a encore bondi au Québec l'an dernier. Selon la Financière agricole, leur valeur a grimpé de 27 % en 2013-2014. Cette nouvelle hausse, jumelée à celles des dernières années, suscite de l'inquiétude chez la relève agricole.

Un texte de Geneviève Proulx

« C'est un limitant pour tous les jeunes de la relève », croit un jeune agriculteur, Raphaël Beauchemin. Selon lui, l'augmentation du prix des terres est de mauvais augure. « Les jeunes tentent d'être le plus créatifs possible parce qu'ils partent souvent de rien. Les actifs dans les gros créneaux sont trop limitants présentement. »

Selon la Financière agricole du Québec, cette hausse du prix des terres en culture à l'échelle provinciale est imputable au nombre accru de transactions survenues en Montérégie, dans les Laurentides et Lanaudière.

Avec cette augmentation moyenne de 12 000 à 15 000 $ l'hectare, la valeur des terres a doublé au cours des cinq dernières années rappelle l'Union des producteurs agricoles, qui est également préoccupée par le phénomène. « Ce n'est pas le genre d'enrichissement que les producteurs souhaitent. Ce qu'ils veulent, c'est un revenu chaque année. Que nos terres prennent de la valeur quand c'est pour céder à nos enfants, ça nous rapporte rien! » rappelle le président de l'UPA Centre-du-Québec, Jean-Luc Leclair.

Pressé de trouver une solution, le ministre de l'Agriculture du Québec, Pierre Paradis, soutient que cette flambée des prix est imputable aux lois du marché et non à de riches investisseurs étrangers. « Il y a une loi au Québec qui fait en sorte que lorsque vous êtes un étranger, vous ne pouvez pas acquérir une terre sans l'autorisation de la CPTAQ. »

Malgré cette assurance, Raphaël Beauchemin veut voir le gouvernement aller plus loin. « Il faut créer un organisme qui gérerait les transactions des terres pour freiner la surenchère! »

Si elles ne sont pas encore connues, Québec assure travailler activement aux solutions d'avenir. « On a nommé Jean Pronovost qui fait en ce moment le tour des jeunes et qui fait la liste des obstacles à la relève agricole. Une fois que tu connais les obstacles, tu peux mettre des mesures pour que ces obstacles deviennent moindres. Mais ce ne sera jamais facile! » dit le ministre Paradis.

Le rapport Pronovost doit être déposé d'ici la fin de l'année.

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