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Budget Québec 2016 : les attentes sont grandes en Estrie

Le milieu de l'éducation de l'Estrie espère que le pire est derrière et que le dépôt du budget aujourd'hui à Québec sera porteur de bonnes nouvelles. Les compressions imposées au cours des dernières années ont été difficiles et le temps d'un réinvestissement est venu.

Un texte de Renée Dumais-BeaudoinTwitterCourriel

Le gouvernement Couillard promet plus pour l'éducation et soutien que ses efforts pour la prochaine année seront mis dans son financement. Une hausse des dépenses de 3 % en 2016-2017 en éducation est prévue.

Depuis 5 ans, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) a dû composer avec des compressions de 11,3 millions de dollars. Un effort qui n'est pas terminé, puisqu'un plan de redressement de 1,2 million de dollars lui a été imposé pour l'année à venir. 

La CSRS affirme avoir fait son possible pour maintenir des cibles de réussites acceptables et un taux de décrochage parmi les meilleurs au Québec, mais sans réinvestissement, tout ça deviendra impossible.

Au-delà de l'argent, la CSRS réclame une marge de manoeuvre.

Pour le Syndicat de l'enseignement de l'Estrie un réinvestissement de 3 % en éducation est nettement insuffisant. « Ça ne permettrait pas de combler toutes les lacunes, toutes les compressions budgétaires qu'on a vécues dans les dernières années », assure son président, Benoît Houle.

Santé

Le milieu de santé a aussi été une cible privilégiée des mesures dites d'austérité du gouvernement Couillard. Le discours selon lequel le retour à l'équilibre budgétaire dégagerait une marge de manoeuvre fait plaisir, mais l'espoir, de voir de l'argent frais entrer dans les coffres, est modéré.  

La création du CIUSSS de l'Estrie-CHUS est un irritant majeur. La régionalisation des services sur un territoire immense allant de Lac-Mégantic à l'Ange-Gardien et de Stanstead à Asbestos est inquiétant et fait craindre des déplacements de personnels, des pertes d'emplois et une diminution des services à la clientèle.

Le vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux, Steve Lemieux, parle d'un désengagement de l'État pour favoriser l'entreprise privée. « On a débattu pendant des mois et des mois pour les augmentations des travailleurs et travailleuses des services publics et le montant que nous demandions et pour lequel il nous disait non depuis 12 mois, vous êtes des gras dur, il a été donné en 24 heures à Bombardier. »

Affaires

De son côté. la Chambre de commerce de Sherbrooke voudrait voir naître un programme qui aiderait les entreprises manufacturières à former et embaucher des employés dans ce secteur d'activité.

D'autre part, des mesures qui favoriseraient l'achat local pour les commerces de détail seraient les bienvenues.

Technologies de l'information et de la communication (TIC)

La Ville de Magog a décidé de miser sur les TIC depuis deux ans avec l'implantation de Magog Technopole, un pôle de développement qui a vu naître 40 entreprises et permis la création de 300 emplois. 

Ces entreprises, qui carburent à l'innovation, sont généralement petites. En fait, 66 % d'entre elles fonctionnent avec moins de cinq employés. Leurs produits, souvent virtuels, rendent leur financement difficile par les voies classiques que sont les institutions financières. Ces entreprises sont souvent laissées à elles-mêmes, particulièrement en phase démarrage.

Le directeur général de Magog Technopole, André Métras, aimerait aussi recevoir un signal d'appui clair de la part de Québec pour les municipalités qui décident de développer des secteurs de niches en région.

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