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Campagne électorale : des chercheurs veulent mettre la science à l'ordre du jour

Le financement de la recherche fondamentale n'a pas fait l'objet de nombreuses déclarations depuis le début de la campagne électorale. Des chercheurs espèrent tout de même ne pas tomber dans l'oubli, d'ici le 19 octobre.

Alexandre Blais est à la tête d'un groupe d'une vingtaine de chercheurs de la Faculté des sciences de l'Université de Sherbrooke. Avec son équipe, il a décroché, en juillet dernier, la plus importante bourse de recherche de l'histoire de l'Université. Il s'agit d'une subvention de plus de 33 millions de dollars sur sept ans, versée par Ottawa, qui servira à accélérer le développement des technologies quantiques.

« C'est clair que la subvention nécessitait des partenariats industriels importants et c'est clair que le gouvernement regardait ça d'un très bon oeil » ,  ajoute-t-il.

Ce n'est pas d'hier que l'Université de Sherbrooke se démarque dans le domaine de la physique quantique. Toutefois, Alexandre Blais est conscient que si la bourse leur a été attribuée, c'est en partie grâce aux partenariats qu'ils ont su créer avec des géants comme Google, Microsoft et IBM.

De nouveaux critères de financement

En 2009, le gouvernement fédéral a revu les critères de financement de la recherche afin de maximiser les retombées économiques de la science. Petit à petit, les investissements en recherche fondamentale ont été délaissés au profit de ceux effectués en partenariat avec le secteur privé.

« Nous faisons de la recherche fondamentale. Nous essayons de répondre à des questions complexes comme "Quelle est l'origine de l'univers?" ou encore, "Y a-t-il de la vie ailleurs?" Mais répondre à ces questions-là nécessite d'abord de faire de la formation de haut niveau, mais aussi de faire du développement technologique », souligne René Doyon, directeur de l'Observatoire du Mont-Mégantic.

Depuis décembre 2014, le gouvernement fédéral a concrétisé son virage vers la recherche appliquée, créant le Fonds Apogée, constitué de 1,5 milliard de dollars sur sept ans et destiné aux uniquement aux universités. Les projets de recherches sont sélectionnés en fonction du potentiel de retombées économiques qu'ils présentent pour le Canada.

« C'est clair qu'en ce moment, le gouvernement investit dans les projets majeurs [...] Ce qu'il faut comprendre, c'est que sans la recherche fondamentale qu'il y a eu dans le passé, il n'y aurait jamais eu l'appliquée [...] Comment un atome passe d'un chemin à l'autre? Si on n'avait pas posé ces questions-là et qu'on s'était plutôt demandé comment faire des téléphones, on ne serait pas arrivé aux iPhone! », rappelle Alexandre Blais.

« Nous avons une attitude neutre vis-à-vis des partis politiques, mais bien sûr, on espère que les gouvernements, les partis politiques vont prendre position pour favoriser la recherche fondamentale », souligne pour sa part René Doyon, de l'Observatoire du Mont-Mégantic.

Avec les informations de Mélissa Fauteux

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