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Cancer : un test génétique avant de passer à la chimiothérapie

Le ministre de la Santé envisage de rendre obligatoire un test génétique pour vérifier la compatibilité des patients à des traitements de chimiothérapie.

Un rapport de l'Institut national d'excellence en santé et services sociaux (INESSS) commandé par le gouvernement recommande de rendre obligatoire un tel test.

« C'est une avancée qui est récente. On est en train de faire l'analyse », indique le ministre Gaétan Barrette.

Certains types de chimiothérapies parmi les plus prescrites dans le traitement du cancer du sein et du côlon notamment peuvent empirer la condition d'un malade et même entraîner la mort si le patient est porteur d'une condition génétique bien précise.

Si on décide de l'implanter, c'est très rapide, parce que la technologie au Québec, on l'a. Le bénéfice pour les patients est beaucoup plus grand que le coût.

Gaétan Barrette, ministre de la Santé du Québec

Mort après de la chimio préventive

Colette Bibeau a perdu son mari Paul Allard en 2011. Le résident de Sherbrooke avait reçu un diagnostic de cancer du colon de stade 2. Une fois la tumeur retirée, son médecin lui a proposé de faire une chimiothérapie par voie orale pour diminuer les risques de récidives.

Or, son corps n'avait pas l'enzyme nécessaire à l'élimination du médicament appelé 5-FU. Résultat, l'état de santé de l'homme qui jouait au tennis et skiait trois fois par semaine a décliné à vue d'oeil. Il est décédé 28 jours après le début des traitements.

« Ça l'a brûlé au complet. Son corps s'est complètement désagrégé. Ça a détruit sa moelle osseuse », raconte Mme Bibeau.

Ses reins ne fonctionnaient plus. Tout a lâché et ç'a pris 28 jours [avant qu'il meure]. C'est vraiment de tuer quelqu'un à petit feu.

Colette Bibeau, veuve de Paul Allard

L'avènement d'un test préventif est une demi-victoire pour Colette Bibeau, qui croit néanmoins que les bénéfices seront grands.

« Au Collège des médecins, ils m'ont dit qu'une seule vie sauvée rentabiliserait l'implantation de ce test-là », indique-t-elle.

Selon le ministre de la Santé, l'implantation du test coûterait quelques centaines de milliers de dollars.

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