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Carte électorale : les députés de l'Est du Québec défendent les « circonscriptions d'exception »

Les deux députés de la Gaspésie, celui de Gaspé, Gaétan Lelièvre, et celui de Bonaventure, Sylvain Roy, se sont rendus à Québec jeudi pour appuyer la recommandation de la Commission de représentation électorale de maintenir des circonscriptions d'exception, ce à quoi s'opposent les libéraux. 

Un texte de Joane Bérubé

La Commission, qui se penche sur la refonte de la prochaine carte électorale, recommande entre autres le maintien de six circonscriptions électorales, même si leur nombre d'électeurs déroge au critère numérique fixé par la loi électorale.

Il peut exister un écart de plus ou moins 25 % à la moyenne provinciale de 48 387 électeurs par circonscription, mais les circonscriptions visées par la recommandation vont au-delà de ce seuil.

Partisanerie dénoncée

D'après le député de Bonaventure, Sylvain Roy, les libéraux auraient déposé un avis juridique qui conteste la constitutionalité des circonscriptions d'exception.

Le député dénonce cette démarche qui pourrait, selon lui, avoir de lourdes conséquences pour la représentation politique de la Gaspésie. « Je ne sais pas trop d'où ils ont sorti ça, mais on voit qu'il y a une démarche juridique qu'ils ont mise en branle pour remettre en question le statut d'exception des circonscriptions et ça, c'est inquiétant », commente-t-il. 

Gaétan Lelièvre craint pour sa part que la carte électorale du Québec devienne un enjeu de partisanerie politique. « Il y a des joutes parlementaires qui se jouent présentement. Ça prend une commission qui soit neutre et apolitique pour garantir à la population la meilleure représentation possible », commente le député de Gaspé.

Ce dernier rappelle que la dernière refonte de la carte électorale, en 2011, s'est traduite pour la circonscription de Gaspé par la perte de la MRC du Rocher-Percé et l'ajout de celle de la Haute-Gaspésie. Pour Gaétan Lelièvre, cette modification constitue toujours « deux fractures qui ont été et qui sont encore difficiles à prendre. »

Démenti libéral

Selon Joanne Beauvais, directrice de Cabinet de la ministre Responsable des institutions démocratiques, Rita De Santis, l'avis juridique ne vient pas des élus, mais a été envoyé au secrétaire de la Commission des institutions et au président de l'Assemblée nationale par un citoyen, Jean Masson, avocat pour la firme Fasken Martineau.

Jean Masson est aussi fidiciaire de la Fiducie de commémoration de la mémoire de Robert Bourassa et fondateur de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec.

La directrice de Cabinet précise que la ministre de Santis, tant dans son allocution d'ouverture que dans ses remarques de conclusion, a souligné l'importance d'avoir des circonscriptions d'exception, questionnant par ailleurs le fait que le comté de Laviolette perde ce statut, tout en ayant la troisième plus grande superficie au Québec.

Il est ainsi erroné de prétendre que le caucus est contre les circonscriptions d'exception, indique Joanne Beauvais.

Une autre logique

Gaétan Lelièvre estime que la Commission doit aller au-delà des mathématiques.

Il fait valoir que les régions ont besoin d'être représentées selon leurs particularités. Le député ajoute que la population et les organismes des régions comme la Gaspésie se retrouvent de plus en plus isolés dans de vastes territoires, et ce, avec de moins en moins d'outils de concertation et de prise en main. « On s'éloigne de la population », dit-il.

Son voisin, le député de Bonaventure, Sylvain Roy, est du même avis. Avec une circonscription de plus de 10 000 km2, il se dit parfois plus routier que député tellement il doit parcourir de routes pour rencontrer ses commettants. « Ça pose sérieusement la question de l'accès au député », dit-il.

Changement de noms

Deux autres députés de l'Est du Québec ont aussi comparu devant la Commission de représentation électorale, jeudi, à l'Assemblée nationale.

Jean D'Amour, député libéral de Rivière-du-Loup-Témiscouata, et Pascal Bérubé, député péquiste de Matane-Matapédia, ont tous deux défendu un changement de dénomination pour y ajouter celui d'une MRC de leur circonscription respective.

Le député Bérubé a souligné que plusieurs autres circonscriptions portent plus de deux noms de références toponymiques ou géographiques.

Pascal Bérubé, qui avait déposé cette demande lors de la dernière refonte de la carte électorale, revient à la charge et souhaite qu'on ajoute La Mitis au nom de la circonscription Matane-Matapédia.  « La MRC de La Mitis a besoin d'une identité forte pour se distinguer. Être député en milieu rural, c'est être présent partout », a-t-il fait valoir. 

Toutes les municipalités de La Mitis ont appuyé par résolution la démarche, a soutenu le député devant les commissaires.

Jean D'Amour, député libéral de Rivière-du-Loup-Témiscouata, veut qu'on ajoute Les Basques au nom de sa circonscription. Il a rappelé que sa demande est venue immédiatement après la création de la circonscription qui ne portait alors que le nom de Rivière-du-Loup.

Jusqu'à maintenant, la Commission a toujours refusé d'ajouter un troisième nom de lieu ou d'une entité administrative à la dénomination d'une circonscription.  La Commission de représentation électorale suit en cela les recommandations de la Commission de toponymie.

En audience, jeudi, le président de la Commission de représentation électorale, Pierre Reid, a convenu avec le député Jean D'Amour, qu'il ne s'agissait que d'un avis de la Commission de toponymie et que, selon la Loi électorale, c'était à sa Commission d'en décider.

Les décisions de la Commission, attendues cet automne, seront valides pour les deux prochains mandats du gouvernement.

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