Même si les périodes d'ensoleillement sont courtes en hiver et que plusieurs investisseurs doutent de la rentabilité du solaire, la multinationale Cascades s'est dotée du premier parc à énergie solaire industriel au Québec, en misant sur des panneaux solaires uniques en leur genre.

Un texte de Pascal Robidas

L'investissement était audacieux quand on considère que le solaire représente moins de 1 % du poids énergétique du Québec.

Cascades voit les choses différemment. Le cofondateur et président du conseil d'administration, Alain Lemaire, a consciemment fait fi de la rentabilité financière pour y voir plutôt un geste pour bâtir ce qu'il qualifie d'énergie du futur.

Le parc de la papetière québécoise, situé à Kingsey Falls, dans le Centre-du-Québec, occupe 1500 mètres carrés. Ce parc à énergie solaire lui permet d'économiser 140 000 mètres cubes de gaz naturel par an, soit l'équivalent de la consommation annuelle de 3200 foyers.

L'homme d'affaires estime que le Québec accuse un retard considérable pour développer l'énergie solaire comparativement à d'autres États dans le monde. L'absence de programmes gouvernementaux pour stimuler les investissements en serait l'une des raisons principales.

Un concept entièrement québécois


Le concept des panneaux solaires a été développé par la firme de génie Rackam de Sherbrooke. Son président, Mathieu Chagnon, croit aussi que le solaire représente l'énergie du futur.

Aux États-Unis, certaines installations à panneaux permettent de produire de l'électricité à 0,04 $ le kilowattheure. C'est deux fois moins cher que l'électricité vendue au contribuable québécois.

Depuis 2010, Mathieu Chagnon a visité des installations solaires en Europe et aux États-Unis pour redessiner et repenser un concept adapté au climat du Québec. Son équipe a aussi réduit le nombre de composantes du parc à énergie solaire. Cette technologie devient ainsi plus abordable pour les éventuels clients.

La firme sherbrookoise a trouvé chez Cascades un précieux allié pour développer l'énergie solaire. Résultat : des panneaux plus petits, amovibles, capables de fonctionner par temps très froid, pendant les tempêtes de neige et les orages.

L'énergie solaire du parc de Cascades sert présentement à chauffer sous pression un système à l'huile, qui va sécher les pâtes et papiers en usine.

L'exemple d'OVH

Le parc de Kingsey Falls est visité par des entreprises qui souhaitent s'améliorer davantage sur le plan énergétique. Il suscite l'intérêt de plusieurs entreprises dans d'autres secteurs que les pâtes et papiers.

C'est le cas d'OVH, qui se spécialise dans l'hébergement de bases de données d'entreprises à travers le monde. La multinationale française s'est installée près du barrage de Beauharnois en 2013, en raison de ses besoins énergétiques très élevés. D'ailleurs, l'eau du barrage sert à refroidir les serveurs, gardés sous haute surveillance dans d'anciennes installations d'Alcan.

L'entreprise française souhaiterait d'ailleurs que des multinationales au Canada, comme Cascades, développent avec elle des énergies vertes, afin de limiter l'utilisation des énergies fossiles.

Plus d'articles

Commentaires