Les Québécois sont sortis par milliers, ce week-end, pour célébrer la Fête nationale. Mais faire la fête sans consommer, c'est un défi supplémentaire pour les gens qui luttent contre leur dépendance aux drogues et à l'alcool. Une fête bien spéciale a été organisée pour eux, à Sherbrooke.

C'était la troisième année que le Centre de traitement pour dépendance à l'alcool et aux drogues Corps, Âme et Esprit organisait à sa façon la Fête nationale. Toutes les familles des résidents étaient invitées à s'amuser, mais défense de consommer de la boisson.

« Ma blonde et sa fille sont ici, sa petite nièce aussi. Ça me fait chaud au cœur. Je suis ici pour quatre mois et demi. Sinon, je serais en prison », confie Frédéric-Alexandre Green.

Selon le Centre de traitement, la Saint-Jean est la fête lors de laquelle les Québécois consomment le plus d'alcool. Davantage qu'à Noël et qu'au jour de l'An. « Le fait d'être en traitement, ici, c'est de démontrer qu'on peut avoir du plaisir (...) Changer la notion de plaisir avec autre chose, au naturel », souligne la directrice générale, Marie-Andrée Pelletier

« On trouve quand même des cocktails sans alcool qui ont du goût, qui sont agréables à boire. En plus, on va se souvenir de ce qui s'est passé », ajoute Mme Pelletier.

Nouveau départ

« J'ai toujours consommé. C'est la première St-Jean que je suis à jeun. J'aime ça et puis je "tripe" à fond. Vraiment », confie Jacinthe Hamelin.

Consommatrice de cocaïne, la jeune femme a fait deux tentatives de suicide. Elle rentre maintenant chez elle, des projets plein la tête.

« J'ai pris goût à la vie. Je m'arrête à des choses que je ne m'arrêtais pas avant. Juste le paysage, les oiseaux, les fleurs. J'ai été acceptée à l'université. Je veux m'en aller professeure d'arts plastiques au primaire.

Le Centre Corps Âme et Esprit croit que cette façon de célébrer la Fête nationale devrait être reprise partout dans la province.

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