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« Cessons de parler de sexe les joues rouges », plaide l'auteure Véronique Grenier

L'auteure et professeure du Cégep de Sherbrooke, Véronique Grenier, signe l'un des textes du recueil Sous la ceinture, unis pour vaincre la culture du viol, publié mercredi aux Éditions Québec-Amérique.

« C'est un ouvrage qui est nécessaire, surtout en langue française, a-t-elle commenté au micro de Réjean Blais à Écoutez l'Estrie. Il n'y avait à peu près rien sur le sujet, du moins au Québec, accessible à tout le monde. » 

Le livre dirigé par Nancy B. Pilon regroupe les oeuvres de 18 collaborateurs sous la forme d'essais, de récits de lettres ou de poèmes.

Il y a encore beaucoup d'incompréhension sur le sujet, selon l'auteure, d'où l'importance d'en parler. « Une question de santé et de sécurité publique », affirme-t-elle.

« Ça persiste encore cette idée, chez des étudiantes, que dans un couple, ça n'arrive pas le viol. Mais oui. »

L'une des solution, avance Véronique Grenier : « oser de parler du sexe et cesser d'en parler le rouge aux joues ».

« C'est encore tellement tabou et quand les gens vont en parler, c'est l'idée de la performance. On est mal à l'aise de dire qu'on aime quelque chose et je pense que ça contribue au problème parce qu'on n'a pas une discussion saine. »

Sous la ceinture, unis pour vaincre la culture du viol est publié alors que la police enquête sur 15 plaintes d'intrusion et d'agression à caractère sexuel dans des résidences de l'Université Laval. Une histoire troublante, dit Véronique Grenier. 

« Les jeunes filles ont peur et on remet encore une part de la responsabilité sur elles, ce qui fait partie du problème, commente-t-elle. On va très rarement dire aux jeunes hommes : "viole donc pas!" »

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