Retour

Charles Hamelin, vétéran patineur et analyste politique

« On ne sait pas ce qui se passe entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, mais à l'approche de chaque jeux olympiques, il y a toujours des querelles. En 2014, c'était entre la Russie et l'Ukraine [au sujet de la Crimée]. Tout le monde pense qu'il va se passer quelque chose. Mais quand arrivent les Jeux, je pense que tout le monde est assez intelligent pour dire que ce moment appartient aux athlètes », dit Charles Hamelin, à trois jours des sélections olympiques canadiennes.

Un texte de Jean-Patrick Balleux

Pendant cinq jours, du 12 au 20 août, les 32 meilleurs patineurs au pays troqueront le short et la crème solaire pour la combinaison moulante et le froid de l'aréna Maurice-Richard. Objectif: obtenir un billet pour les Jeux olympiques de Pyeongchang.

Valérie Maltais tentera d'obtenir un troisième laissez-passer olympique. Si avant, elle visait les longues distances, elle n'hésite pas à avoir le 500 m, le 1000 m et le 1500 m dans sa mire.

« Chacune de mes expériences ont été différentes. À Vancouver, c'était mes premières sélections. J'avais 18 ans, je me lançais dans une sélection à l'aveugle. En vue de Sotchi, j'ai gagné six des neuf épreuves [chaque patineur effectue les trois distances trois fois]. Je retrouve en ce moment les sensations que j'avais juste avant Sotchi », confie l'athlète de La Baie, fauchée à vélo par une voiture il y a un peu plus d'un an mais qui est dans la meilleure des formes de sa carrière.

Le chant du cygne de St-Gelais

Marianne St-Gelais sera bien sûr la tête d'affiche féminine de ces sélections. Celle qui s'est fait connaître au monde entier avec une médaille d'argent aux Jeux de Vancouver sur 500 m a par la suite traversé un désert à Sotchi en 2014. L'argent au relais féminin avait mis un baume sur des Jeux à oublier. Or, la vice-championne du monde a déjà annoncé viser Pyeongchang comme l'aboutissement de son dernier cycle olympique.

« C'est un processus qui n'est pas l'fun à faire, dit St-Gelais au sujet des sélections canadiennes. On est contre nos coéquipières, contre nos partenaires d'entraînement. C'est un peu délicat parce qu'on ne peut pas se faire de surprises. Il faut gérer la course d'une autre façon. »

La patineuse de St-Félicien souhaite se qualifier dans les trois distances individuelles. « Mais je veux pas me projeter trop loin dans le week-end. Une distance à la fois, une course à la fois », dit celle qui espère pouvoir se servir de son expérience pour tirer son patin du jeu.

Forte de deux médailles d'or aux récents championnats canadiens, la Sherbrookoise représente l'avenir du courte piste féminin au pays. Elle en sera à une première expérience d'essais olympiques. Avec la retraite récente de Marie-Eve Drolet, les deux autres postes pourraient aller à à peu près n'importe qui. Jamie McDonald semble avoir une légère longueur d'avance.

Girard en relève

Chez les hommes, il y a également un trio dominant. À moins d'une malchance, Samuel Girard, une recrue en sélections olympiques, Charle Cournoyer, la révélation des Jeux de Sotchi avec le bronze au 500 m, et Charles Hamelin, qui vise une 4e participation aux jeux, devraient se qualifier aisément.

« En 4 ans, le sport a évolué. La dernière fois, j'ai fait le 500 m et le 1000 m. Mais cette fois-ci, j'en veux plus », lance Cournoyer qui n'a pas eu l'impression de rater l'été à l'aréna. Même qu'il en rit!« L'été, la chaleur, je ne connais pas trop, d'où ma blancheur de peau », dit le grand sec aux lames d'argent.

Pour les deux choix discrétionnaires, Guillaume Bastille, François Hamelin et Pascal Dion comptent parmi les favoris.

« La sélection canadienne est la chose la plus stressante et la plus dure de la saison. Je dois me méfier de moi, de ma réaction parce que c'est un processus que je n'ai jamais fait », explique Samuel Girard. Le patineur de Ferland-et-Boileau ressent aussi le syndrome de-la-recrue-qui-doit-prendre-la-relève-sous-peu. Surtout qu'aux derniers Mondiaux, le patineur a gagné l'argent au 1500 m à Rotterdam, aux Pays-Bas, en plus de se hisser au troisième rang au classement cumulatif.

« Charles, Guillaume, François, c'est la fin d'un cycle. Et après, il y aura un gros changement. J'aimerais que ce changement soit fait en douceur pour qu'on entende parler encore du patin après PyeongChang. Mon but est de reprendre le flambeau. Mais je ne me mets pas de pression. »

Le 20 août, Patinage de vitesse Canada annoncera d'abord les trois femmes et les trois hommes invités à joindre l'équipe selon les meilleurs résultats dans quatre des neuf courses. Et le 30 août, les quatre billets suivants (deux femmes, deux hommes) seront attribués à partir d'une liste d'exemption, de blessés et de choix discrétionnaires. Tout ça dans le but de constituer l'équipe canadienne qui ira patiner dans le pays où le courte piste est le plus populaire sur la planète.

Plus d'articles

Commentaires