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Chasse aux dindons sauvages : l'UPA Estrie réclame une chasse d'automne

Les dindons sauvages se font de plus en plus envahissants, et leur présence cause des ravages dans les champs des agriculteurs. Pour pallier le problème, l'Union des producteurs agricoles (UPA) de l'Estrie suggère d'ajouter une chasse à l'automne, et de permettre l'abattage de femelles.

Un reportage de Jean Arel

Le gouvernement permet aux chasseurs, pour l'instant, de tuer deux dindons par année. Cette activité a très peu d'impacts, selon le vice-président de l'UPA Estrie, Réal Marcoux.

« C'est une chasse qui est difficile, explique-t-il. C'est juste les mâles. C'est juste du lever du soleil jusqu'à midi, et c'est pour une période assez restreinte. Ce n'est pas du chevreuil. On ne se fait pas une cache et on l'attend là, il faut l'appeler. »

Selon le bilan de la chasse du printemps dernier, un chasseur sur trois, sur les 12 000 détenteurs de permis, a réussi à abattre un dindon. Une infime proportion en a tué un second. Devant ce constat, l'UPA Estrie demande au ministère de la Faune de modifier le plan de gestion 2016-2023 en autorisant une chasse à l'automne, qui viserait aussi les femelles.

« Si ce n'est pas inclus dans le plan de gestion, ça voudrait dire qu'on ne chasse pas de femelles avant 2024. C'est ridicule, ça n'a aucun sens », souligne Réal Marcoux.

Des ravages considérables

Le champ de soya d'Yvon Bégin a été complètement ravagé au printemps par des dindons sauvages. Les pertes se chiffrent à près de 20 000 $.

« Ça arrive par bande. On parle de 150 dans les champs. C'est incroyable », explique-t-il. « Ils écrasent beaucoup les plans. Ils en mangent, mais c'est surtout qu'ils en écrasent beaucoup. Ça fait de la moisissure dans les cultures, et on a beaucoup de pertes. »

Les producteurs essaient différentes méthodes pour éloigner l'animal. Les producteurs de fraises croient avoir trouvé la solution en utilisant de la paille sans grain. Selon Yvon Bégin, les dindons sauvages évitent ces champs où il n'y a rien à picorer.

Un problème qui est loin d'être réglé

Yvon Bégin croit que l'année prochaine sera tout aussi difficile. Il affirme avoir vu des portées importantes, qui font augmenter la population rapidement.

« Les modalités de chasse n'ont pas été changées, se désole Réal Marcoux. C'est ce qu'on veut travailler avec le nouveau plan de gestion du dindon sauvage. »

Par ailleurs, l'UPA ne veut pas que le dindon soit considéré comme un gros gibier à déclaration obligatoire comme le chevreuil et l'orignal.

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