Qu'est-ce qui vous rend fier de votre ville? Quels sont vos endroits préférés pour faire découvrir Sherbrooke? 

Le deuxième volet de notre tour de ville avec l'urbaniste Gérard Beaudet met l'accent sur les bons coups! Faites-nous part de vos observations.

Traversée par deux rivières, surplombée par le mont Bellevue, la ville de Sherbrooke offre une topographie accidentée qui peut mener à l'un des plus beaux paysages urbains, si l'on sait en tirer profit.

1. Recycler de vieilles usines désaffectées

L'ex-usine Paton a fait vivre des centaines de familles sherbrookoises dès 1866, jusqu'à sa fermeture, en 1977. Deux bâtiments de briques, inspirés par l'architecture des filatures de la Nouvelle-Angleterre, ont été préservés et recyclés en logements. Trois autres, plus modestes, abritent bureaux et restaurants.

Leur mise en valeur, dans les années 80, a déclenché la revitalisation de cette portion du Plateau Marquette. Une conversion d'usine qui s'inscrit comme la première au Québec rappelle l'urbaniste Gérard Beaudet.

L'ancienne usine Kayser, où se fabriquaient des bas de soie dès 1915, longe aussi la rivière Magog. Le Musée de la nature et des sciences y a ouvert ses portes en 2002, rue Frontenac. L'autre partie est occupée par une résidence pour personnes âgées. 

2. Une belle promenade autour du lac des Nations

Possiblement l'une des plus belles réussites d'équipements collectifs, selon l'urbaniste Gérard Beaudet. La fréquentation assidue des citoyens sur la promenade du lac des Nations en est la preuve. Malgré la présence de la voie ferrée et de bâtiments industriels à proximité, l'environnement est recherché par les promeneurs, qu'ils soient à pied ou à vélo.

Le parcours mène au marché de la Gare, au parc Jacques-Cartier et offre une jolie vue.

Lorqu'on lui fait remarquer que des tours résidentielles sont apparues au loin dans le paysage, il ajoute : « Il y a peut-être des vues vers la dépression du lac et du parc qui devraient aussi être protégées, qui ne devraient pas être obstruées par des édifices. » 

3. Tirer profit de la nature et des vestiges industriels

Au bout de la rue Wellington Nord, la place des Moulins surplombe la rivière Magog. La sculpture d'acier, réalisée par l'artiste réputé Melvin Charney, occupe l'espace depuis 2004 et fait allusion aux rivières et à la force hydroélectrique. 

« C'est très réussi et je trouve que c'est un geste fort qui a été posé », commente Gérard Beaudet.

En contrebas, par ses sentiers et ses éclairages, la gorge de la rivière Magog se déploie, révélant sa nature et aussi les vestiges d'un passé industriel, même le jour tombé.

La rencontre des rivières Magog et Saint-François offre un lieu où la conscience d'un héritage industriel s'est réveillée ces dernières années, selon l'urbaniste. « Aujourd'hui, on trouve même le moyen d'installer un équipement de spectacle en bordure de cet environnement. »

4. Des murs qui racontent

Tel un musée en pleine rue, l'art mural en trompe-l'oeil anime quatorze surfaces qui témoignent de l'histoire de Sherbrooke.

L'urbaniste affirme qu'il y a tout de même un effet de mode. Est-ce que la formule risque de s'essouffler? Pas tant que les visiteurs auront un intérêt, selon lui. La question plus cruciale concerne l'entretien qu'on entend faire de ces fresques.

« Ça prend des budgets. Si on investit trop dans les nouvelles murales et qu'on ne prévoit pas l'entretien, un moment donné, les plus anciennes risquent de se dégrader et on ne sera pas gagnant en bout de ligne. »

5. La coopérative d'habitation L'Estudiantine

« C'est un bon coup d'avoir une clientèle étudiante au centre-ville! » L'urbaniste Gérard Beaudet n'a que de bons bons mots pour l'implantation de L'Estudiantine, une coopérative d'habitation née d'un partenariat entre la Ville et l'Université de Sherbrooke. La première phase offre 29 appartements devant le terminus d'autobus sur la rue Dépôt. Il y voit un lien avec la gratuité de transport en commun offerte aux étudiants.

Les deux autres phases sont situées rues Wellington Sud et Galt Ouest.

« Ça permet aussi aux étudiants de vivre dans un environnement qui est, peut-être, un peu plus emballant que le campus de l'université, qui reste quelque chose d'assez monofonctionnel. »

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