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Clouée 36 heures à son lit par manque de personnel

Passer 36 heures sans sortir de son lit, parce que le personnel hospitalier est insuffisant... C'est une réalité à laquelle est confrontée régulièrement Thérèse Jacques, une dame de 88 ans qui habite dans un CHSLD de Sherbrooke. Sa famille en a assez et interpelle le ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Samedi matin, une employée du Pavillon Argyll apprend à Thérèse Jacques qu’elle ne sortira pas du lit aujourd'hui.

« J'ai déjeuné. La préposée m'a juste mis la brassière et une blouse. Je lui ai dit: "Tu ne mets pas mes pantalons ?" Elle m'a dit: "Non pas de besoin, vous n'allez pas sortir de votre lit aujourd'hui" », raconte la dame dont la mobilité et la vision sont considérablement réduites.sortir de ses draps.

Jusqu'à trois jours consécutifs

Ce genre de situation n'est pas exceptionnelle selon elle. Environ une fois par mois, elle doit rester au lit pendant près de36 heures.

« Ça fait au moins six fois que ça arrive, explique son fils, Serge Pouliot. Ça arrive probablement plus de fois, car elle ne le dit pas toujours. Ce n'est pas de la faute des employés, ils font leur possible,mais ils ne sont pas assez. »

Résidente de Brossard, sa fille, Diane Pouliot, s'inquiète pour sa mère. Selon elle, le traitement qui lui est réservé est inacceptable.

« Ça lui donne le goût de pleurer, mais moi aussi ça me donne le goût de pleurer. Je me dis que ça n'a pas de bon sens qu'ils font ça à ma mère », dit-elle, émue.

La famille affirme avoir dénoncé la situation à plusieurs reprises à l'établissement, mais la situation est demeurée inchangée.

Sa fille a donc fait parvenir une lettre au ministre de la Santé Gaétan Barette.

« Je vous demande à vous, monsieur le Ministre de faire enquête et de vous assurer que ça n'arrive plus. Nos parents méritent mieux, beaucoup mieux », écrit-elle.

Une longue pénurie

Le CIUSSS de l'Estrie - CHUS reconnait que la pénurie de préposés aux bénéficiaires touchant la région empêche parfois d'offrir tous les services aux résidents.

« Je peux vous confirmer que depuis quelques semaines, on a effectivement des problèmes lorsqu'il faut faire des remplacements chez les préposés, surtout les fins de semaine. C'est vraiment attribuable à notre pénurie de main-d'oeuvre, mais on fait des efforts très importants », explique la porte-parole du CIUSSS de l'Estrie, Annie-Andrée Émond.

L'impact sur la santé physique du bénéficiaire est pris en compte selon l'établissement.

« Il peut arriver, malheureusement et exceptionnellement, qu'une personne ne soit pas levée. Cette décision est toujours prise en fonction de l'état de santé du résident. Donc, si ça pouvait nuire à sa santé de ne pas être levé, c'est sûr qu'on le ferait », assure-t-elle.

En temps normal, le réseau de la santé de l'Estrie recrute 450 préposés aux bénéficiaires par année.

Cette année, ils estiment en avoir besoin de 600 nouveaux et l'objectif n'est pas encore atteint.

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