Retour

Coaticook s’inspire des Pays-Bas pour lutter contre les inondations

S'inspirer d'une approche hollandaise afin de laisser couler plus librement un cours d'eau, telle est la stratégie que souhaite adopter la MRC de Coaticook, en Estrie, pour lutter plus efficacement contre les inondations.

Presque chaque année, que ce soit au printemps, en hiver ou même en été, la rivière Coaticook sort de son lit.

« C'est une rivière très vivante, explique le responsable du comité de gestion de l'eau à la MRC de Coaticook, Johnny Piszar. Ce qui fait en sorte qu’il y a des endroits qui sont inondés une année, qui ne le sont pas l'année suivante, parce que la rivière a changé son cours. »

Ces sautes d’humeur de la rivière s’expliquent par le fait que, depuis un siècle, tout le territoire naturel du cours d’eau a été modifié par les occupants.

Mais la rivière cause de plus en plus de problèmes à ses riverains : de l'érosion, un courant plus rapide et des crues plus sévères.

Pour tenter de comprendre la situation, la MRC a étudié en détail l’écosystème de la rivière Coaticook au cours des deux dernières années.

« On s'est rendu compte qu'on avait perdu énormément de milieux humides autour de la rivière. Entre 74 % et 88 % », explique Marie-Claude Bernard.

Recréer des milieux humides

Pour réduire les risques d'inondations au sud de la MRC, notamment dans la ville de Coaticook, le maire Simon Madore estime qu'il faut ralentir le débit de la rivière avant qu'elle ne s'engouffre au cœur de la municipalité.

Pour y arriver, il faudrait recréer les zones humides qui existaient auparavant.

« Ça prend des bassins de rétention pour tout nouveau développement qui se fera », explique-t-il.

Une réduction des terres agricoles

Mais il faudra également limiter la surface de certaines zones cultivables, estime Pascale Biron, une hydrogéomorphologue de l’Université Concordia.

« Pour l'agriculteur, ça ne veut pas dire qu’il ne peut plus du tout utiliser sa terre, dit-elle. Ça veut dire que la portion près de la rivière, on n'y touche plus. »

« C'est rentable au bout du compte de faire ça », assure-t-elle.

Il faut se projeter dans l’avenir, soutient la spécialiste, « en disant que si on cesse le développement maintenant, dans 20 à 25 ans, ça va être bénéfique ».

Mais le projet est loin d’être réalisé. Pour l'instant, la MRC réfléchit, car c’est un projet qui pourrait coûter cher.

Pour que ça se réalise concrètement sur le terrain, pour laisser la rivière occuper son espace, il faudrait vraiment avoir des incitatifs financiers très puissants, comme l'a fait la Hollande, indique la biologiste Marie-Claude Bernard.

Avec les informations de Normand Grondin

Plus d'articles

Vidéo du jour


Les régimes: 10 mythes tenaces