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Comme Yassine Aber, beaucoup de jeunes sont refoulés aux douanes américaines

L'histoire de l'athlète sherbrookois Yassine Aber ressemble à d'autres, selon des membres de la communauté musulmane de Sherbrooke.

Chaque jour, ils sont des centaines de Canadiens à traverser la frontière américaine, à Stanstead. Au cours des dernières semaines, de nombreux citoyens canadiens, résidents de Sherbrooke et de confession musulmane, se sont vu refuser l'entrée, selon plusieurs représentants de la communauté musulmane. Dans la majorité des cas, il s'agit de jeunes.

« Ce sont des dizaines de jeunes qui ont été arrêtés à la frontière ces derniers temps, refoulés. Il y a même des gens qui ont été menottés », soutient l'ancien président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie, Mohamed Kouna.

« J'ai appris qu'il y en avait plusieurs autres, d'origine maghrébine, qui ont essayé de passer et qui ont été refoulés », ajoute le président de l'Institut des mondes arabe et musulman de l'Estrie, Abdelilah Hamdache.

Rappelons que jeudi, Yassine Aber, né au Canada et dont les parents sont d'origine marocaine, a été refoulé à la frontière américaine après un interrogatoire de plusieurs heures.

Clarification

Le député néo-démocrate de Sherbrooke, Pierre-Luc Dussault, demande au premier ministre Justin Trudeau de soulever la question avec le président américain, lundi, lors de sa visite à Washington.

« Si les politiques ont changé, il va falloir que ça soit clarifié », dit-il.

Or, traverser la frontière demeure un privilège et les douaniers ont un grand pouvoir discrétionnaire.

« Ça ne surprend pas. Quand ça vient de la tête dirigeante, ça descend vers le bas et ça donne un peu de légitimité aux gens de peut-être agir plus strictement, d'appliquer la loi plus strictement. C'est peut-être ce qui se passe avec certains douaniers », explique le président de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration, Jean-Sébastien Boudreau.

Une partie de la réponse se trouve peut-être aussi dans le fait que Sherbrooke a défrayé la manchette en octobre 2014 lorsque le Journal de Montréal a révélé que trois Québécois membres de l’Association musulmane de l’Université de Sherbrooke (AMUS) étaient partis en Syrie pour se joindre au groupe armé État islamique. Un documentaire rappelant cet épisode, intitulé T’es où Youssef, a d’ailleurs été diffusé lundi dernier à Télé-Québec.

Changements souhaités

Le président de l'Association culturelle islamique de l'Estrie croit toutefois qu'il ne faut pas être alarmiste, même si des questions doivent se poser.

« Je ne veux pas que les gens s'inquiètent par rapport à ça. Il faut savoir que ces mesures ont toujours existé. [Il y aura] la visite du premier ministre la semaine prochaine aux États-Unis. Je reste ambitieux et j'espère qu'il y aura des changements par rapport à ça », confie Mohamed Golli.

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