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Compressions en santé publique : la surveillance de l'état de santé des résidents de Lac-Mégantic compromise?

Les compressions n'ont pas épargné les résidents de Lac-Mégantic, toujours ébranlés psychologiquement par les événements de juillet 2013. La surveillance de leur état de santé a écopé en raison des coupes dans les directions de santé publique du Québec, dont celle de l'Estrie, qui a subi une réduction de 40 % de son budget.

Un reportage de Jean Arel

Deux professionnels affectés à la surveillance de la santé des citoyens ont été remerciés. Ces ressources avaient été offertes à la suite de la tragédie pour répondre à certains besoins précis de la population. L'un de ces professionnels était responsable de la surveillance en matière d'environnement. La suppression de ce poste a toutefois peu de conséquences, selon la Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique de l'Estrie.

« Est-ce que l'eau est contaminée? Les sols? Est-ce que ça pose des dangers à la santé? Tous ces besoins ont été répondus », explique-t-elle. Le travail à accomplir peut maintenant être intégré dans les équipes déjà en place, selon elle.

Le deuxième congédiement concerne la personne responsable d'observer les résidents présentant des comportements à risque et de compiler ces statistiques. Or, en janvier dernier, la Direction de la santé publique publiait la première partie d'une enquête populationnelle, qui révélait que 95 % Méganticois se considéraient toujours touchés par la tragédie ferroviaire. Certains présentaient encore des symptômes de détresse psychologique. Plusieurs personnes sont toujours stressées à l'idée du retour des trains transportant des matières dangereuses dans la ville.

La deuxième partie de cette enquête doit être publiée en janvier 2016. Dre Généreux affirme que le travail est bien entamé, mais sans cette ressource allouée à l'observation périodique, le travail est plus difficile.

« On est allé chercher quelqu'un qui avait une expertise dans le domaine social et dans le domaine des banques de données, de l'analyse de chiffres. Tout ça ensemble nous donnait quelqu'un qui avait vraiment une expertise d'interpréter ces résultats-là, et de dresser cela sous forme de bulletins qu'on pouvait communiquer à nos partenaires », déplore-t-elle.

Dre Généreux se fait toutefois rassurante. « On ne va jamais laisser tomber personne, affirme-t-elle. On fait beaucoup d'efforts pour mettre en évidence les impacts psychosociaux ».

La coresponsable de l'étude sur le rétablissement et la santé psychologique des citoyens, Danielle Maltais, soutient également que les équipes en place sont tout à fait adéquates pour répondre aux besoins.

« Il y a un peu moins de demandes, et l'équipe "normale" va prendre la relève, et elle est très bien formée pour intervenir ».

Québec nie causer préjudice aux Méganticois

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, affirme que ces abolitions de poste ne nuisent aucunement aux Méganticois, et qu'il s'agit uniquement de supprimer certains dédoublements de tâches.

La ministre Charlebois estime que l'aide psychologique, sur le terrain, est toujours disponible, et qu'elle le sera tant que des Méganticois en ressentiront le besoin.

« S'il y a une place où on est très vigilant en termes de santé publique, c'est là. C'est très malheureux ce qui s'est passé là-bas, et on ne va pas commencer à lésiner là-dessus. Cela dit, lorsqu'il y a des dédoublements, il faut agir, et c'est ce qu'on fait ».

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