Les mélanges d'espèces sont de pratique courante depuis des milliers d'années dans le monde de l'agriculture. Un couple d'éleveurs de sangliers de Sainte-Camille a tenté une expérience qui n'est pas, elle, monnaie courante : ils ont fait le croisement entre sanglier et cochon pour en faire le sanglichon.

Un texte de Geneviève Proulx

Lise Chartier et son conjoint ont réalisé ce croisement pour une première fois il y a quelques années. Les gens étaient nombreux à vouloir faire l'élevage de sanglier pour leur consommation personnelle, mais vu le comportement sauvage de cette bête, des infrastructures plus solides étaient nécessaires. « Les sanglichons sont plus faciles à garder et sont plus sociables. On peut plus les approcher », soutient l'éleveuse.

Depuis la première expérience, quatre portées ont vu le jour à la ferme Lait sanglier des bois, à Sainte-Camille. Ils ne sont toutefois pas les seuls à le faire. La pratique est courante en Belgique et en Ontario, notamment.

Le sanglichon est particulièrement utilisé pour en faire de la charcuterie parce que sa viande est plus grasse. C'est aussi ce qu'a décidé de faire le couple d'éleveurs estrien. Pour un marcassin (un bébé sanglier) du même âge, le sanglichon sera trois fois plus lourd.

S'ils ont choisi de concentrer leurs efforts surtout sur les sangliers, dont ils font l'élevage depuis plus de 27 ans, Lise Chartier croit qu'il y a un marché pour le sanglichon. « Un éleveur pourrait développer un créneau, une spécialité avec cette viande, peut-être un produit de charcuterie qui serait unique au Québec. Il y aurait probablement une possibilité si quelqu'un a l'imagination et le vouloir. »

Selon elle, de plus en plus de gens se procurent un sanglichon afin de produire leur propre viande, le temps d'une saison.

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