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Consultation sur l'encadrement du cannabis : la prévention au coeur des échanges à Granby

Une trentaine de citoyens, d'entrepreneurs et de représentants de la santé publique de l'Estrie se sont exprimés, vendredi à Granby, lors de la consultation régionale sur l'encadrement du cannabis menée par le gouvernement provincial.

La prévention, la sensibilisation et les défis pour le réseau de la santé se sont retrouvés au centre de plusieurs témoignages.

La banalisation de la consommation de la marijuana en inquiète plus d'un, alors que plusieurs participants ont réclamé un encadrement serré auprès des plus jeunes.

La direction de la Santé publique de l'Estrie a d'ailleurs profité de cette tribune pour présenter de récentes statistiques sur la santé mentale dans la région.

Selon ces données, l'Estrie a une population plus vulnérable qu'ailleurs au Québec.

« J'espère qu'avec le cannabis on va être plus prudent [qu'avec l'alcool] et tenter d'encadrer de manière à conserver la logique de prévention de consommation », estime la directrice de la Santé publique de l'Estrie, Mélissa généreux.

Cri du coeur du maire de Granby

Le maire de Granby, Pascal Bonin, un ex-toxicomane avoué, a partagé son inquiétude lors de la consultation.

« J'aimerais que l'encadrement se fasse de façon à ce que les gens vulnérables ne soient pas encore plus vulnérables et qu'on fasse attention aux jeunes dans tout ça. J'ai peur au dérapage », avoue celui qui a suivi plusieurs thérapies au début de la trentaine afin de combattre sa dépendance.

Sobre depuis plus de 10 ans, Pascal Bonin est personnellement touché par ce débat et demeure préoccupé pour les citoyens de sa région.

« On vit dans une région où le taux de diplomation est faible, où les revenus sont faibles et où la pauvreté est présente. On a tous les ingrédients pour que la marmite saute, soutient-il. En 2017, je pensais qu'on serait arrivé avec un projet de société qui mène à d'autres choses que de fumer du cannabis. »

Il a suggéré, entre autres, de contrôler l'accès au cannabis en délivrant un permis de consommer.

Un remue-méninges citoyen

Des dizaines de citoyens sont aussi venus partager leur point de vue. Ils étaient invités à discuter de trois thèmes: la mise en marché et les lieux d’usage, la prévention et la sensibilisation et les effets sur la santé et la sécurité.

« Il y a eu des points de vue assez opposés, raconte la participante Ginette Meunier. Ça va être difficile de produire un projet de loi qui va satisfaire tout le monde, mais au moins on aura eu la chance de se prononcer. »

Si un consensus a été atteint sur l'âge légal de consommer à 18 ans, les avis demeuraient toutefois mitigés sur la question de mise en marché, sur la concentration légale de THC dans le cannabis et sur le nombre de plants qu'un citoyen peut avoir dans sa demeure.

« Ça nous permet surtout de savoir à quel niveau les gens sont rendus quant à leurs connaissances du dossier », explique la député de Richmond et membre du comité ministériel sur la règlementation du cannabis, Karine Vallières

« Ça nous permet d'avoir un profil régional, ajoute la ministre Lucie Charlebois. Le mot "prévention" était très présent aujourd'hui, mais aussi au cours des autres consultations. On revient toujours à l'éducation, à la formation et à la prévention. Les gens veulent qu'on investisse des sommes là-dedans. Je suis en accord avec ça. »

Place aux petits producteurs

Quelques entrepreneurs ont aussi partagé leur vision de l'industrie du cannabis. Plusieurs ont déjà déposé des demandes officielles de permis pour l'extraction, la production et la commercialisation du cannabis.

Ils ont saisi l'occasion pour sensibiliser le gouvernement aux différentes voies de commercialisation du cannabis afin de permettre aux petits producteurs de tirer leur épingle du jeu.

« Je veux qu'il y ait une ouverture du gouvernement sur la question du cannabis comestible. [...] J'ai eu deux cancers, ça fait longtemps que j'utilise le cannabis pour des fins médicinales. Ça fait longtemps que je me rends compte que le comestible est plus intéressant, par le goût et la durée des effets. Il y a un beau marché », assure Valérie Lettre, de l'Atelier C de Magog.

Les consultations régionales se poursuivent à Montréal le 7 septembre et à Gatineau le 12 septembre.

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