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Contrer les violences sexuelles vécues par les personnes LGBTQ+

Les victimes issues des communautés lesbiennes, gaies, bisexuelles, trans et allosexuelles (LGBTQ+) seraient moins nombreuses à dénoncer les violences dont elles sont victimes. C'est pour changer la donne qu'un projet voit le jour à Sherbrooke.

Le Sherbrookois Jimmy Forgues affirme avoir été victime d'abus sexuels dans son enfance. Il fait partie de ceux qui hésitaient à en parler. À l'époque, il s'est ouvert sa mère. Mais ce n'est que récemment, devant l'ampleur du mouvement #MoiAussi (#MeToo), qu'il en a parlé ouvertement.

« J'avais plus de joie de vivre. Je l'avais perdu. J'étais en détresse », raconte-t-il.

C'est pour mieux venir en aide aux personnes comme Jimmy que le Laboratoire des expériences et des intersections pour comprendre et contrer les violences sexuelles vécues par les communautés LGBTQ+, le LEXIC2, a été mis sur pied.

Au total, dix personnes-ressources intervenantes, chercheuses et activistes principalement LGBTQ+ participent au projet, dont Michel Dorais, sociologue spécialisé sur le genre et la sexualité, et Geneviève Paquette, cochercheuse de l'enquête ESSIMU sur la violence en milieu universitaire.

Selon le coordonnateur du projet, Pierre McCann, les statistiques disponibles démontrent que les personnes des communautés LGBTQ+ sont surreprésentées parmi les victimes de violences sexuelles. LEXIC2 vise donc à créer ou à bonifier des outils destinés aux intervenants et aux personnes LGBTQ+.

Pour M. McCann, il faut adapter les services, mais il faut aussi que les services en place prennent en compte les particularités de ces populations.

« Les stéréotypes qui sont dans la population en général sont également dans les institutions et certaines organisations. Notamment qu'un homme ne peut pas être victime de violence sexuelle dans un couple de deux hommes par exemple. Ou qu'une femme, à l'inverse, ne peut pas être "agresseur" parce qu'une femme n'est pas violente à la base. Il faut défaire ces mythes-là », souligne M. McCann.

Pierre McCann ajoute que certaines personnes trans se voient refuser l'accès à certains services, entre autres par rapport aux violences sexuelles.

En parler

« Dans la communauté LGBT, ce qui est encore plus dur pour les hommes homosexuels, c'est qu'on projette tellement l'image que la sexualité est débridée et que c'est la seule affaire qu'on a besoin et qu'on veut avoir », ajoute Jimmy Forgues.

« On peut s'en sortir. Il faut qu'on en parle », ajoute le Sherbrookois.

Un forum panquébécois se tiendra à Sherbrooke les 24 et 25 novembre 2018 pour mieux identifier les enjeux et les actions à prioriser.

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