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Dave Poulin-Beaunoyer plaide coupable d'homicide involontaire d'un bébé

Dave Poulin-Beaunoyer a plaidé coupable mercredi matin à une accusation d'homicide involontaire d'un bambin de 20 mois survenu en septembre 2015.

L'homme de 28 ans a été arrêté en octobre 2015 à la suite du décès suspect du fils de sa conjointe. Il devait subir son enquête préliminaire ce mercredi, mais il y a renoncé pour enregistrer un plaidoyer de culpabilité.

« L'évaluation du dossier nous a permis de faire un grand bout de chemin. Il a fait un cheminement personnel au cours des derniers mois. Ce sont des accusations sérieuses qui sont lourdes de conséquences. C'est une période très difficile pour la famille du petit garçon et pour lui, c'est une période assez intense de fébrilité qui a atteint son paroxysme aujourd'hui », a raconté son avocat, Me Benoît Gagnon.

Les faits révélés

Dans la trame factuelle qu'a lue au juge Claire Desgens par la Couronne, et qui a été admise par l'accusé, il a été dit que l'enfant avait plusieurs blessures et ecchymoses sur le corps au moment de son décès. « La cause du décès est une hémorragie interne causée par de multiples coups à l'abdomen selon les conclusions du pathologiste dans son rapport », a indiqué l'avocate de la Couronne, Joanny St-Pierre.

Dans cette trame factuelle, il a été possible d'apprendre que, le matin du drame vers 8 h, l'accusé était seul dans le salon avec l'enfant ; la mère dormait dans une chambre à côté. Le bébé s'est levé sur le divan et Dave Poulin-Beaunoyer l'a chicané et l'a frappé au ventre à plusieurs reprises. La victime s'est alors relevée, a vomi puis, il est tombé du divan. L'enfant était conscient, mais avait les yeux révulsés. C'est à ce moment que l'accusé a hurlé à la mère de venir.

Cette dernière trouvait que son fils semblait absent et a pensé lui donner un bain pour le réveiller. C'est à ce moment qu'elle a vu les ecchymoses sur son corps. Elle a téléphoné à Info-Santé et une ambulance fut appelée. L'accusé a quitté les lieux à ce moment « pour prendre l'air ».

À son arrivée au CHUS, l'enfant était en arrêt cardio-respiratoire. Il est décédé à 10 h 20. Des enquêtes du coroner et policière ont alors été lancées.

L'autopsie pratiquée sur l'enfant révèle que son corps présentait de nombreuses blessures antérieures au matin fatidique. Selon le pathologiste qui a pratiqué l'examen, c'était un enfant battu.

Peine possible

Pendant la lecture de la trame factuelle, plusieurs membres de la famille de la victime, qui étaient présentes, n'ont pu retenir leurs larmes. Quant à l'accusé, il a regardé au sol pendant toute la durée de la procédure.

« Pour la mère, ce qui est important, c'est qu'il reconnaisse sa culpabilité, qu'il reconnaisse qu'il avait causé le décès de son garçon. C'est clair que c'est un soulagement, mais ça laisse beaucoup de questions », a raconté l'avocate de la Couronne, Joanny St-Pierre.

Dave Poulin-Beaunoyer n'a pas pris le chemin de la prison. Il avait été libéré en janvier dernier sous plusieurs conditions. Il a suivi une thérapie et vit maintenant dans une maison spécialisée en réinsertion sociale. Il reviendra en cour pour les observations sur la peine en juin prochain. Un rapport présentenciel a été demandé par la juge Desgens.

Il est passible d'une peine d'emprisonnement à perpétuité. « Les peines dans ce type de dossier sont de lourdes peines. Il n'y a pas de peine minimale. On se retrouve avec un éventail assez grande », explique l'avocat de la défense, Me Benoît Gagnon.

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