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De 3 à 5 ans pour centraliser les laboratoires médicaux en Estrie

La réforme Optilab, qui prévoit la création de laboratoires médicaux centralisés, ne se concrétisera pas avant trois à cinq ans en Estrie.

Un texte de Carl Marchand

C'est ce qu'ont affirmé les administrateurs du Centre universitaire intégré de santé et de services sociaux, réunis à Asbestos jeudi soir. Le plan de centralisation prévoit que près de 50 emplois seront supprimés. La plupart devrait l'être par des départs à la retraite, selon la direction. 

« Il y a des temps d'attentes qui vont augmenter pour notre clientèle. C'est un peu inquiétant », déplore pour sa part Marie-Josée Verreault, technicienne de laboratoire au CLSC d'Asbestos.

« C'est inquiétant pour notre profession aussi. Il y a quand même beaucoup de jeunes qui travaillent de manière occasionnelle », ajoute-t-elle. 

Le CIUSSS tente de rassurer 

Les prélèvements urgents seront toujours analysés dans l'établissement où se trouve le patient, assure le CIUSSS. 

« Si vous avez une urgence, on va faire la majorité des analyses qui sécurisent la clientèle sur place », prévient le directeur général adjoint, Stéphane Tremblay. Selon lui, l'enjeu est de mettre en place un système de transport efficace. Faire voyager des échantillons médicaux n'a rien de nouveau, ajoute-t-il. 

« Il y a des patients du CHUS pour qui il y a des analyses qui sortent de l'établissement pour aller à Montréal et parfois même à l'extérieur de la province. »

Le maire de Cowansville, Arthur Fauteux, a fait part de ses craintes aux administrateurs du CIUSSS. S'il se dit rassuré, il ne semble pas encore croire à la pertinence de la réforme.

« Je trouvais et je trouve encore que c'est l'affaire d'un seul homme. Je me disais que si, pour différentes raisons, le ministre Gaétan Barrette n'était pas là, ça n'a pas assez d'histoire pour vivre », a-t-il plaidé.

« Il faut dire au ministre Barrette que l'équipe est en train de s'occuper de l'improvisation et il devrait les remercier », a-t-il ajouté. 

Du mécontentement 

Les employés de laboratoire des hôpitaux du Québec, affiliés à l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, l'APTS, avaient justement choisi jeudi pour dénoncer la méthode d'implantation du projet Optilab par le gouvernement du Québec.

Des manifestations ont eu lieu partout au Québec, notamment à Sherbrooke et à Drummondville. 

En Mauricie Centre-du-Québec, 20 postes pourraient être abolis par attrition, selon le CIUSSS-MCQ. En centralisant les analyses médicales à Trois-Rivières, Québec prévoit économiser 75 millions de dollars. 

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