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De la pelure de carotte pour isoler les maisons?

Du lin dans des matériaux composites, du chanvre dans le béton ou de la pelure de carotte dans un coupe-vapeur : ces matériaux pourraient devenir ceux de l'avenir dans le monde de la construction. Ce sont des idées évoquées au Rendez-vous des écomatériaux, qui a lieu à Asbestos mardi et mercredi.

« Il y a tellement de matériaux qu'on utilise et qui sont issus de matières non renouvelables. Il faut donc parler de matières renouvelables si on veut arrêter de dépenser trois, quatre ou cinq planètes. Il faut avoir cette orientation », croit l'un des organisateurs de l'événement, André Bourassa.

Architectes, ingénieurs, entrepreneurs et manufacturiers, le sujet en intéresse de toute évidence plus d'un au grand bonheur du président d'Inject-Styrène Technologie, Sébastien Hudon. Cette entreprise détourne du polystyrène de l'enfouissement pour fabriquer un isolant supérieur à plusieurs produits bien connus. « Le polystyrène est composé à 98 % d'air et de seulement 2 % de matière. Donc, on a peu de matière première pour produire notre polystyrène expansé. En incorporant la matière recyclée à l'intérieur, ça lui donnera la notation écomatériau dû à son potentiel de recyclage », explique-t-il.

Les rognures de pommes de terre et de carottes pourraient bientôt être intégrées à certains écomatériaux si l'on se fie aux recherches d'un professeur de génie de l'Université de Sherbrooke. « C'est une matière remplie de cellulose dans laquelle on peut extraire des nanofibres, des nanocristaux et qui sont très intéressants. Après certaines étapes, on est en mesure de créer des fibres et de les intégrer dans des peintures et du béton », explique Mathieu Robert.

« C'est absolument efficace! Il faut voir la nature comme étant une source de matières premières qui est exceptionnelle. Souvent, en ingénierie, on essaie d'imiter ce que la nature fait, mais on a accès à plein de trucs en regardant autour de nous, dans nos déchets », ajoute-t-il.

M. Robert rappelle que l'utilisation de résidus alimentaires dans les matériaux de construction a un double impact. « Il y a une diminution de l'utilisation des matériaux synthétiques dans le domaine du bâtiment et ça aide à la gestion des matières résiduelles. C'est une réponse très concrète à ce défi de toutes les municipalités. »

Le colloque se termine mercredi avec la conférence sur l’utilisation grandissante d’ingrédients biosourcés, renouvelables ou recyclés dans les matériaux de construction, tant en Europe qu’en Amérique du Nord.

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