Retour

Décès de Maude Lallier : le coroner conclut à une mort accidentelle

Le coroner a rendu public son rapport d'investigation concernant la mort de Maude Lallier, une jeune femme de 24 ans associée à la Fondation du CHUS et à la Société canadienne du cancer. Elle avait été retrouvée morte à sa résidence de Montréal le 15 mars 2015. Selon l'analyse du Dr Gilles Sainton, le décès est accidentel. 

Un texte de Geneviève Proulx

Le rapport du coroner permet d'en apprendre plus sur les circonstances entourant son décès. Ainsi, la journée précédant son décès, Maude Lallier s'est rendue en cours jusqu'à 19 h. Par la suite, elle est allée dans un bar avec des amies. Vers 23 h, elle a quitté les lieux en autobus, mais à 23 h 45, elle a téléphoné à son conjoint pour lui dire qu'elle était perdue. Elle semblait désorientée et disait avoir froid.

Les policiers ont été contactés pour la retrouver et plusieurs équipes ont été déployées. Ce n'est qu'à 3 h du matin qu'on l'a retrouvée chez elle après qu'elle eut marché pendant près de 3 h à une température de -9 degrés Celsius sans vêtements adéquats. Mme Lallier semblait intoxiquée, mais répondait aux questions des policiers. Malgré leurs demandes de faire venir une ambulance, elle a refusé. 

Les policiers ont finalement quitté les lieux à 3 h 7. Selon l'enquête, elle serait morte une vingtaine de minutes plus tard, soit à 3 h 30.

Le lendemain, son conjoint l'a appelée à plusieurs reprises en vain. Sa belle-soeur s'est rendue à l'appartement de Maude Lallier vers 19 h et l'a retrouvée sans vie, couchée sur le divan du salon, sa tête très penchée vers l'avant et encore vêtue de son manteau. Malgré les tentatives de réanimation des secouristes, ils n'ont eu d'autre choix que de constater son décès.

Analyses toxicologiques

Les analyses toxicologiques ont démontré qu'elle avait ingéré de la morphine et de citalopram. On a également retrouvé une petite quantité d'alcool dans son sang (44mg/dl). Selon sa famille, la jeune femme prenait de la morphine pour traiter un zona ophtalmique (nerf trijumeau) depuis janvier 2015, une ordonnance non renouvelable.

Lors des dernières semaines précédant sa mort, Maude Lalier avait très peu dormi et avait beaucoup travaillé pour tenter d'être reçue à un examen scolaire qui lui tenait très à coeur.

L'autopsie n'a d'ailleurs montré aucune récidive de son cancer.

Le coroner en déduit que la cause la plus probable du décès de Mme Lallier est rnultifactorielle et fait suite à l'association de l'usage simultané de morphine, d'alcool, probablement d'un certain degré d'hypothermie et d'asphyxie positionnelle dans le contexte d'une grande fatigue. Il s'agit d'un décès accidentel.

La famille de Maude Lallier a réagi par voie de communiqué mardi matin. « Le rapport d'investigation du coroner permet enfin de boucler la boucle sur les causes du décès de Maude Lallier. Par ailleurs, la famille souhaite poursuivre son deuil dans la plus stricte intimité et vous remercie à l'avance de respecter sa volonté », peut-on y lire. 

Atteinte d'un cancer des ganglions, elle s'est fait connaître avec le lancement d'une campagne sur les réseaux sociaux pour l'aider à combattre la maladie. Elle avait aussi lancé un blogue, Fight like Maude, où elle racontait sa lutte contre le cancer. Au cours de l'hiver dernier, elle s'était impliquée de très près avec la Société canadienne du cancer. On pouvait la voir dans des publicités dans de nombreux magazines et dans une vidéo.

Plus d'articles

Commentaires