Retour

Déménagement de Rénald Côté : Pierre-Hugues Boisvenu salue le geste des policiers magogois

Le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu salue l'initiative de la Régie de police Memphrémagog qui a informé la population du déménagement de Rénald Côté, de Magog, vers le centre-ville de Sherbrooke. L'homme est connu pour son lourd passé criminel.

Ce geste inhabituel provenant d'un corps policier réjouit le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu.

« Dans 99,9 % des cas, ce sont les médias qui nous informent de ce genre de situation et ils nous informent mieux que le ministère de la Sécurité publique du Québec. Pour une fois, un corps policier a priorisé la sécurité de la population et des enfants au détriment de l'anonymat d'un prédateur sexuel », dit-il. 

M. Boisvenu rappelle que la Cour suprême a rendu un jugement selon lequel les provinces ont le pouvoir de diffuser ce genre d'information sans contrevenir à la Charte des droits et libertés.

Selon lui, la même chose n'est pas faite au Québec à cause d'une directive du ministre de la Sécurité publique de l'époque, Jacques Dupuis. « Il avait demandé aux policiers de ne pas rendre les informations publiques afin de ne pas nuire à la réinsertion sociale des délinquants sexuels », dit-il. 

Le sénateur espère maintenant un changement dans la façon de faire.

« J'aimerais bien que les autres corps policiers du Québec emboîtent le pas. Du côté du Canada anglais, on le fait depuis 2006. Au cours des 20 dernières années, on a répertorié deux cas d'agression sur des prédateurs sexuels inscrits au registre. Dans ce cas, les gens sont aussi bien protégés dans leur réinsertion que les parents », soutient celui qui est derrière la mise sur pied de la Charte canadienne des droits des victimes d'actes criminels.

Un autre appui 

Protection enfants contre agressions sexuelles (PECAS) appuie également l'initiative de la Régie de police Memphrémagog. L'organisme milite depuis des années pour que soit rendu public le registre national des délinquants sexuels.

« C'est exactement ce qu'on demande pour avertir les parents afin de faire de la prévention auprès des enfants. Parce que l'anonymat, c'est l'arme ultime des prédateurs », plaide la fondatrice de l'organisme, Sophie Dupont.

« Ces gens-là vivent à côté de nous. C'est justement nous [en tant qu'adultes] qui les côtoyons, c'est nous qui sommes en mesure d'avertir les autorités : cet individu là n'a pas le droit d'être avec des mineurs alors que je le vois actuellement dans un cour d'école avec des enfants.

L'organisme cite en exemple l'Alberta, qui a mis en place un registre public où le public peut voir la photo du délinquant sexuel, des signes distinctifs tels des tatouages, les crimes pour lesquels il a été condamnés, le quartier où il habite et les conditions auxquelles il doit se soumettre.

Une lettre aux parents 

Par mesure préventive, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke a fait parvenir lundi une lettre aux parents des élèves de six écoles du centre-ville pour les prévenir de l'arrivée dans le secteur d'un individu « au lourd passé criminel ». Il s'agit en fait de Rénald Côté. 

En 2003, il avait été reconnu coupable de 14 chefs d'agressions sexuelles sur sa fille Isabelle. En janvier dernier, il a eu de nouveaux démêlés avec la justice. Il doit maintenant respecter certaines conditions, dont celle d'éviter tout contact avec des personnes mineures.

Plus d'articles

Commentaires