« Une idée qui est lancée, c'est terminée, elle ne t'appartient plus. Elle appartient à l'équipe, c'est un peu notre façon de faire. »

Un portrait de Carl Marchand

La force de l'équipe, c'est ce que Denis Dubreuil s'applique à apprendre aux jeunes dans le local de l'équipe Hyperion. Voilà sept ans que le professeur de sciences a fondé le club de robotique de l'école secondaire de la Montée de Sherbrooke.

Dans cet immense garage à faire rêver tous les bricoleurs de ce monde, la bande d'une trentaine d'élèves du Pavillon Le Ber et d'une dizaine de mentors partent de zéro pour fabriquer des machines prêtes à relever tous les défis.

S'il y a une chose qui frappe en écoutant l'enseignant Dubreuil, c'est cette idée que la valeur d'un groupe est supérieure à celle de chacun de ses éléments.

« Quand on décide de quelque chose pour nos projets, on le fait toujours en équipe. Ce n'est pas la décision d'une personne. Il n'y a pas de conception individuelle. »

On pourrait presque croire que le garage est devenu une deuxième demeure pour lui. Des heures, le fondateur du club en a passé ici.

« On commence notre camp d'entraînement en septembre. Ça va jusqu'en décembre », explique-t-il. Pendant cette période, les membres apprennent à manier les mille et un outils. On leur montre également les rudiments de la programmation et de l'électronique.

Car quand le décompte est lancé en février, l'équipe Hyperion n'a que six semaines - et pas une seconde de plus - pour fabriquer le meilleur robot qui soit. Comme la nécessité est la mère de l'invention, ces délais serrés forcent à la créativité et à l'imagination.

L'expérience des compétitions à Toronto, Montréal et St-Louis aux États-Unis est grisante, convient l'enseignant, mais pour lui, la récompense est ailleurs.

Les notes scolaires sont importantes aussi, ajoute-t-il. « Un membre qui a un échec ne peut pas participer aux Championnats du monde. On a des jeunes qui avaient des problèmes et les parents sont intervenus, puis ça s'est amélioré. »

Impossible de sortir l'école du professeur

Denis Dubreuil fait presque partie des meubles à l'École de la Montée. C'est dans ce même Pavillon Le Ber qu'il a fondé un club d'haltérophilie en 1986. Le jeune Dubreuil enseigne alors l'éducation physique et est lui-même un habitué du lever de la fonte.

Beaucoup de jeunes haltérophiles y ont passé, dont une certaine Maryse Turcotte, qui se classa 4e aux Jeux de Sydney.

« On l'a recrutée alors qu'elle jouait au volleyball, se rappelle-t-il. Elle avait des qualités assez incroyables. Elle s'est mise à aimer ça et ça l'a menée jusqu'aux Olympiques. »

Son ancien coach l'a même interviewée, en direct à l'école lors des jeux. Un moment émotif, résume-t-il rapidement.

« Dans son message, elle a parlé des rêves. Quand on a des rêves, il faut y croire. »

Quand on lui fait remarquer que sans sa présence, Maryse Turcotte n'aurait peut-être jamais rêvé aux Olympiques, que des jeunes n'auraient jamais pensé se retrouver à St-Louis, dans un amphithéâtre de 66 965 places au milieu d'un Championnat mondial de robotique qui oppose 600 équipes, Denis Dubreuil demeure un homme de peu de mots.

« Probablement que si je n'avais pas été persévérant, ça ne se serait pas réalisé. Il faut être persévérant », répond-il simplement, comme s'il était un peu gêné de voir le mérite tourné vers lui.

Plein de projets pour la suite

« La robotique, ça m'a aidé à terminer ma carrière, poursuit-il. Sans ça, je me serais peut-être ennuyé un petit peu. Je suis content d'avoir monté ce projet-là. »

Sentez-vous le ton du bilan dans ses paroles? C'est que dans quelques semaines il passera le flambeau de responsable de l'équipe Hyperion à son comparse Dominique Robert. Puis, il prendra sa retraite après 34 ans d'enseignement. Bien sûr, il reviendra faire son tour dans le garage, à titre de mentor.

Mais n'ayez crainte, d'autres projets meubleront les journées du natif de St-François-Xavier-de-Brompton à l'aube de ses 60 ans.

« J'ai une petite terre à bois et je viens de m'acheter un moulin à scie. Je vais me construire quelque chose. »

Mais que va-t-il se construire, vous demandez-vous?

Une grange.

Logique. C'est encore plus gros qu'un garage, ça.

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