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Des centaines de Sherbrookois dénoncent la culture du viol

« On vous croit! » Le slogan résonnait dans les rues de Sherbrooke, mercredi soir, alors que près de 300 participants y défilaient pour dénoncer les agressions sexuelles et la violence dont les femmes sont victimes.

Un texte de Louis-Philippe Bourdeau

Le ton de la manifestation a été donné dès le départ, au marché de la Gare, quand trois femmes ont pris la parole pour exprimer l'importance d'une dénonciation collective de la culture du viol.

« Il faut avoir une conscience collective que le viol, c'est grave. Il faut faire de l'éducation populaire une priorité », s'est exclamée Amira Bensahli, une des membres du comité organisateur.

Parité homme-femme, implantation d'un cours d'éducation sexuelle dès le jeune âge, dénonciation des actes d'agression sexuelle commis envers les femmes autochtones et les personnes trans : les priorités sont nombreuses, ont rappelé les intervenants qui se sont succédé au micro.

« Moins de peines bonbon »

Symboliquement, les participants se sont arrêtés devant l'entrée du palais de justice de Sherbrooke pour demander un système judiciaire plus accessible et équitable envers les victimes.

« Les délais doivent être raisonnables. Il faut plus d'accusations et moins de peines bonbon », a lancé Mélanie Lavoie, du Centre d'aide et de lutte aux agressions à caractère sexuel de l'Estrie. « La honte doit changer de camp », a-t-elle ajouté.

Selon elle, le gouvernement provincial doit financer rapidement une campagne de sensibilisation aux violences sexuelles afin que l'ensemble de la population puisse être en mesure de bien réagir lorsqu'une victime dénonce son agresseur.

Micro ouvert à l'hôtel de ville

Le silence était complet lorsque plusieurs femmes et hommes ont pris la parole à l'occasion d'un micro ouvert organisé en fin de soirée sur les marches de l'hôtel de ville.

Certaines personnes sont venues raconter leur histoire d'abus et parler des raisons qui les ont poussées à briser le silence.

Assise seule devant la foule, Nathalie, 56 ans, a raconté qu'elle a été agressée sexuellement par sa mère dans son enfance. « Je voulais parler de ce que j'ai vécu afin d'aider les femmes et les hommes à prendre la parole et, surtout, à ne pas avoir honte d'eux, car on n'a rien à se reprocher », confie-t-elle.

Six lettres anonymes de femmes, reçues par les organisatrices de la marche, ont aussi été lues devant le public.

« Nous sommes plus fortes que les personnes qui nous ont détruites. Nous sommes plus fortes que les cauchemars, les peurs ou la pression sociale qu'on nous fait subir. Pourquoi? Parce qu'on est toutes ici pour montrer l'autre côté de la médaille, le côté que personne ne veut voir », écrit l'une d'entre elles.

À Montréal, à Saguenay, à Gatineau et à Québec, des milliers de gens sont sortis dans les rues pour soutenir le mouvement Stop à la culture du viol.

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