De nombreux centres de traitement de la toxicomanie de la région affichent des taux d'occupation records et certains, comme l'Envolée à Shefford, affichent complet depuis plus d'un an. Un constat inquiétant alors qu'approche la légalisation du cannabis.

« C'est l'année où on est le plus occupé depuis les 20 dernières années, assure le directeur du Centre l'Envolée, Nicolas Bédard. On a 120 lits et on attend qu'il y en ait un qui finisse [son séjour] pour en admettre un autre. »

La situation est semblable au Centre Domaine-Orford, où le directeur général Robin Fortier affirme que depuis 18 mois, sur 115 places, « entre 100 et 110 places sont toujours occupées ».

L'occupation actuelle est attribuable à des coupes survenues en 2015 qui avaient ébranlé plusieurs centres de traitement de la toxicomanie, mais aussi aux drogues, toujours plus accessibles, selon les deux hommes.« On se rend compte que les gens vont faire leurs emplettes directement depuis leur bureau d'ordinateur et vont commander les produits qu'ils veulent. Ils peuvent commander xanax, fentanyl, carfentanil, héroïne, cocaïne, cannabis, hachisch... », déplore Nicolas Bédard.

« L'accessibilité est facile à ces drogues-là, qui sont quand même des drogues dures », rappelle quant à lui Robin Fortier.

Une clientèle de plus en plus jeune

Résultat : les tendances de consommation changent et la clientèle est de plus en plus jeune.

« On a de plus en plus de jeunes de 18, 19 et 20 ans qui ont des consommations importantes. Ils vont avoir des consommations multiples, différentes et quand même sur une longue période », explique l'intervenante du Centre Domaine-Orford Cindy Mercier.

À l'aube de la légalisation du cannabis, prévue pour juillet, les centres de traitement de la toxicomanie de la région réitèrent leurs inquiétudes face à cette nouvelle réalité. Ils demandent plus de moyens pour mieux agir.

« Tout le monde veut sa part, les villes veulent leur part, les provinces veulent leur part, tout le monde veut sa part, mais les utilisateurs de drogues vont sûrement encore être les derniers laissés pour compte », affirme Nicolas Bédard.« Il va possiblement falloir avoir un peu plus de sources de financement pour pouvoir répondre adéquatement aux besoins », résume Robin Fortier.

D'après un reportage de Kim Vermette

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