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Des congés de taxes de 10 ans pour la revitalisation du centre-ville à Sherbrooke

Les promoteurs qui contribueront à la relance du centre-ville de Sherbrooke pourraient bénéficier de congés de taxes foncières allant jusqu'à 10 ans, a voté majoritairement le conseil municipal lundi soir.

Un texte de Charles Beaudoin

Les élus ont adopté une série d'incitatifs qui prennent la forme de congés de taxes d'une durée variant de 3 à 10 ans et dépendent de la nature et de la valeur des travaux effectués sur des immeubles qui se trouvent dans l'une des deux zones du centre-ville que la Ville souhaite revitaliser.

« Nous voulons attirer des investisseurs privés afin de créer des emplois de qualité et de la richesse collective », mentionne le maire de Sherbrooke, Steve Lussier.

« Ces programmes incitatifs nous permettront d'assurer que le milieu soit propice au développement des affaires », estime-t-il.

Le secteur de la rue Wellington Sud où devait se concrétiser le projet Well inc. avant d'être abandonné par le consortium composé de Sherweb, du Groupe Custeau et du Fonds immobilier de solidarité FTQ, offrira les plus importantes subventions. Des incitatifs seront également disponibles toutefois pour les travaux effectués au sein d'un périmètre élargi qui s'étend de la rivière Saint-François jusqu'aux rues Galt Ouest, Belvédère Nord et de Montréal.

En outre, les promoteurs qui incluront dans leurs projets des logements recevront des subventions additionnelles de 10 000$ par logement s'ils en créent 10 et plus. Un montant de 1000$ par logement sera offert pour les projets comportant un à quatre logements tandis que les promoteurs dont le projet comportera cinq à neuf logements seront admissibles à un montant de 5000$ par logement. Le montant total des incitatifs octroyés par la Ville ne pourra toutefois pas dépasser le montant des travaux.

Une vision qui ne fait pas l'unanimité

Quatre élus ont cependant enregistré leur dissidence, soit Annie Godbout, Évelyne Beaudin, Pierre Tremblay et Julien Lachance.

La conseillère Annie Godbout s'est montrée particulièrement déçue que les incitatifs soient liés uniquement à la valeur foncière plutôt qu'à d'autres objectifs, comme la création d'emplois.

La conseillère du district Rock Forest avait d'abord critiqué la façon dont est mené le dossier.

« Avant d'avoir des programmes incitatifs, je pense qu'il faut que le projet que les élus veulent porter doit être défini. Malheureusement, de mon côté, je n'ai pas vu que ce travail-là a été fait. J'ai l'impression qu'on met la charrue avant les boeufs. »

« On peut amener de nouveaux édifices, mais j'ai peur que ça fasse simplement augmenter le taux de vacances au centre-ville, et on ne sait pas combien ça va coûter ce programme-là », a quant à lui mentionné Julien Lachance, qui déplore également la perte du lien avec l'entrepreneuriat.

S'il ne s'est pas opposé au programme d'aide financière, Marc Denault jugeait tout de même que l'étendue du périmètre de revitalisation est exagérée.

« Je pense qu'il faut garder l'objectif principal de développer le noyau du centre-ville », a-t-il dit.

Un « coup d'envoi »

Fier de ce « nouveau départ », le maire Steve Lussier a souligné qu'une deuxième phase d'incitatifs pourrait cibler spécifiquement les entrepreneurs lors de l'appel de propositions pour le futur projet Well inc., mais n'a pas donné de date.

« Dans un premier incitatif, il fallait donner le coup d'envoi et ce soir, c'est ce qu'on fait. On n'a pas besoin de calculer les taxes que c'est pour nous rapporter, ça ne nous rapporte déjà pas de taxes. Il faut regarder vers l'avenir. »

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